sorabe

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Les Sorabes (aussi appelés Wendes) font partie des Slaves orientaux. Ils habitent la Lusace, province vassale de la Couronne de Bohême pendant quatre siècles, cédée à la Saxe en 1635, puis à la Prusse en 1815. À l'exception d'une traduction du Nouveau Testament (1548) et un catéchisme (1574), la langue sorabe ne connaît jusqu'au xviie s. qu'une expression orale et liturgique. La conscience nationale slave et l'intérêt de grammairiens pour la langue sorabe commencent alors à se manifester, mais l'activité littéraire ne débute qu'au xixe s., quand paraît la première revue sorabe, Serbski Powedar a Kurer (1809-1812). Le poète romantique Handrij Zejler (1804-1872) publie Saisons, cycle mis en musique par K. A. Kocor. Après 1870 se forme le mouvement des Jeunes Sorabes, mené par J. Bart-Cisinski (1856-1909), auteur de l'épopée le Fiancé (1876-1877). Ils éditent la revue Lipa Serbska. Au début du xxe s. apparaissent de nombreux écrivains : J. Winger (1872-1918), J. Lorenc-Zaleski (1874-1939), Josef Nowak (1895-1976). En 1912 naît la Domowina, organisation qui regroupe les activités culturelles animée par Bogumil Swjela (1873-1948), J. Hajes (1873-1960) et J. Slodenk. Sous le national-socialisme, les Sorabes subissent des déportations massives ; la Domowina, interdite en 1937, est recréée dès le 24 avril 1945, et une loi de 1948 donne à la communauté sorabe une autonomie culturelle (bilinguisme, enseignement du sorabe). De nouvelles voix se font entendre (Jurij Brezan, Jurij Koch, etc.).