En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

risala

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Mot arabe signifiant épître.

La littérature épistolaire est un véritable genre dans le domaine arabe médiéval. C'est l'un des plus importants et des plus riches, par sa liberté de ton, d'expression, de choix du sujet à traiter, qui comprend aussi bien la fiction légère et plaisante que le traité technique ou philosophique. C'est aussi l'un des premiers genres à s'imposer. Les témoignages les plus anciens d'une prose arabe écrite (et non pas orale), de type littéraire, sont en effet des épîtres. Une question de légitimité : l'acte d'enregistrer par écrit est un acte sensible, très significatif, d'abord réservé à l'intemporel, au sacré ; car qui pouvait prétendre à une autorité telle que ses paroles eussent méritées de lui survivre et de se perpétuer, sans altération aucune (d'où l'importance de les fixer par écrit), jusqu'aux générations futures ? Or l'épître ne prétend pas franchir le temps mais l'espace, ni s'adresser aux foules, mais, plus modestement, à un destinataire déterminé. C'est à ce titre, dans une administration géographiquement éclatée, qu'est né le genre épistolaire, grâce à des secrétaires de chancellerie comme 'Abd al-Hamid ou Ibn al-Muqaffa'. Par la suite, bien entendu, de nombreux auteurs, comme al-Djahiz, al-Ma'arri, Ibn Chuhayd ou Ibn Hazm, ont choisi la forme épistolaire pour parler d'amour ou même pour s'adonner, de façon plus mordante, à la critique littéraire.