En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

littérature de reportage

(baogao wenxue)

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Genre littéraire chinois.

Même si la critique chinoise s'efforce de trouver à ce genre des racines nationales lointaines (Sima Qian, iie s. av. J.-C.), il semble que l'influence occidentale ait été déterminante (le V. Hugo des Choses vues, P. Lissagaray, J. London, J. Reed...), et que le mouvement du 4 mai 1919 ait donné à ce type de textes la valeur d'une littérature à part entière. Il s'agit d'écrits de circonstance, forcément réalistes, rédigés sur le vif dans des situations brûlantes (grèves, émeutes, scandale de l'exploitation des ouvriers, misère des campagnes, etc.), qui ont subi un traitement artistique et dont l'objectif est de dénoncer, devant le plus grand nombre, tous les fléaux sociaux. Le premier du genre est Voyage dans les campagnes affamées (1922), écrit par Qu Qiubai, à l'issue d'un séjour en U.R.S.S. Les années 1930 voient le genre donner ses plus beaux fruits (Xia Yan, Ouvrières de louage ; Cao Bai, Ici la vie respire aussi). Sous le régime communiste, lors de la pseudo-libéralisation des Cent Fleurs, Liu Binyan, qui se réclame du modèle soviétique fourni par V. Ovetchkine, énergique pourfendeur de la bureaucratie stalinienne et du culte du chef, donne au reportage littéraire un ton nouveau en s'en prenant aux tares du système dans lequel il vit. Totalement muselé pendant vingt ans (1957-1977), le genre redevient productif avec, à nouveau, Liu Binyan comme chef de file, Xu Chi, d'autres encore, et la création de revues spécialisées, dans la Chine de l'ouverture.