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minnesang

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Terme désignant la poésie lyrique courtoise allemande des xiie et xiiie s., plus précisément la poésie d'amour (Minne : amour). Apparu en Allemagne du Sud vers le milieu du xiie s, le Minnesang connaît son apogée autour de 1180-1230 dans le domaine austro-bavarois, en Souabe, en Suisse, en Rhénanie et en Thuringe. L'influence des troubadours provençaux est décisive. Apanage de l'aristocratie, cette poésie s'écrit et se chante dans les cours princières et seigneuriales.

Le Minnesang reproduit le code moral de la société chevaleresque. Le service de la Dame y est une véritable religion, avec ses rites et ses interdits. Liée à un code très strict, cette poésie tombe rapidement dans le stéréotype, même chez les grands classiques comme Reinmar, Heinrich von Morungen, Wolfram von Eschenbach, Hartmann von Aue, Hendrik Van Veldeke. Walther von der Vogelweide, qui marque l'apogée du Minnesang, cultive toutes les formes lyriques, de la chanson d'amour au poème politique ou didactique (Spruchdichtung) et chante l'amour de la Dame comme celui de la bergère. Après lui, le genre est poussé parfois jusqu'au maniérisme – Konrad von Wurzbourg (1220-1287) et Ulrich von Lichtenstein (1198-1276) –, ou jusqu'à la parodie – Steinmar von Klingnau (1251-1293), Tannhäuser (1205-1267). Neidhart von Reuental chante les amours villageoises avec beaucoup de réalisme. Après 1300, le Minnesang se survit à lui-même avec Heinrich von Meissen, dit Frauenlob, puis vers 1400 avec Oswald von Wolkenstein et Hugues de Montfort (1357-1423).