En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

maxime

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Le mot provient de l'expression maxima (sententia), « sentence » et « maxime » renvoyant l'un et l'autre à des énoncés dotés d'un degré de généralité. La maxime est ce que l'on tient ou doit tenir « pour vrai et indubitable ». Si la maxime n'est pas forcément rapportée à un auteur et évoque une vérité générale anonyme, la sentence s'en distinguerait dans la mesure où elle serait, quant à elle, prononcée par quelqu'un, c'est-à-dire par un locuteur autorisé. Selon Laurent Thirouin, la « maxime peut rester latente », « elle est l'instrument opératoire qui fonde les discours ». Si le contenu des maximes et des sentences ne se différencie guère (énoncés moraux, en général), la sentence semble évoquer un style, une voix que la maxime n'implique pas.

Depuis le xvie siècle, le genre protéiforme des formes brèves s'est beaucoup transformé, en un temps où l'innovation se fait sur fond d'imitation et donc de citations prélevées chez des auteurs. C'est avec La Rochefoucauld que le mot de maxime s'est imposé pour son recueil (même si le mot est concurrencé par réflexion comme en témoigne le véritable titre de l'ouvrage de La Rochefoucauld : Réflexions ou Sentences et Maximes morales) ; dans sa correspondance, il l'employait davantage que ceux de sentence ou de réflexion. C'est avec lui, donc, que la maxime est apparue dans son originalité fondatrice.

Selon Francis Goyet, la maxime serait issue du concept logique de maxima propositio employé par Boèce, qui en fait le raisonnement au-delà duquel on ne peut remonter, en somme, une majeure des majeures de tout raisonnement. Selon Francis Goyet, la maxime « ne se connaît pas de supérieur » : elle est approuvée par tous, approuvable surtout sans preuve, sans argument. On voit qu'il est difficile d'établir une distinction satisfaisante entre maxime, sentence, réflexion ou pensée. Il arrive enfin que le terme de pensée serve, notamment dans les compilations posthumes, de titre générique pour désigner toutes sortes de notes morales ou philosophiques, qu'elles aient une valeur intime et qu'elles ne soient pas destinées, dans leur état primitif, à la publication (Pensées et Opuscules de Pascal), ou qu'elles aient une portée universelle sans pour autant justifier un tirage isolé (Pensées philosophiques de Diderot). Mais la maxime en tant que genre spécifique contribuant à renouveler l'analyse morale et psychologique n'est véritablement apparue que dans l'entourage de Mme de Sablé, de Jacques Esprit, de La Rochefoucauld. Tradition reprise au xviiie siècle par Chamfort, et sur le plan philosophique par Voltaire et Diderot, la maxime dans sa forme fixe, isolée, n'est plus considérée, aux xixe et xxe siècles, que comme un genre mineur, une survivance nostalgique des salons de l'Ancien Régime.

Les thèmes le plus fréquemment abordés par les maximes sont la morale religieuse (Rancé, Maximes chrétiennes sur la vie au couvent), laïque (G. Le Bon, Aphorismes du temps présent), l'édification morale. Leurs auteurs portent généralement un regard sceptique ou cynique sur la vanité des valeurs pour lesquelles l'homme s'agite. D'où le sujet de prédilection : révéler l'envers de la société, dévoiler les motivations profondes du comportement, démystifier les sentiments.