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kiswahili

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Le kiswahili (ki– est le préfixe de classe, qui permet de substantiver la racine –swahili) est la principale langue écrite de l'Afrique subsaharienne. Il est parlé par plus de cinquante milllions d'individus entre l'océan Indien et les Grands Lacs, alors que le nombre de ceux qui s'identifient comme ethniquement « swahili » est très faible. Cette langue, issue de la rencontre entre les langues bantoues et le vocabulaire arabe, est écrite depuis des siècles, puisque l'islam a été présent sur la côte de l'océan Indien dès le viie siècle. De nombreux textes oraux swahili ont été recueillis et transcrits : l'on y retrouve parfois des échos des littératures arabes ou persanes. Au xixe siècle, Al Inkishafi constitue le premier texte lié à l'art de vivre et à la morale de l'homme de bien musulman, alors que le poème de Mwana Kupona indique les voies du bon comportement féminin. D'autres textes, comme la chronique de Kilindi, mi-légendaire, mi-historique, écrite en 1906 par Abdallah bin Hemedi 'lAjjemy et consacrée à la dynastie de ce nom qui régna, jusqu'aux débuts de la colonisation, sur le peuple Shambala et les peuples voisins au nord-est de la Tanzanie, sont bien diffusés. Les poèmes de Muyaka renvoient à une chronique satirique et personnelle de la vie à Mombasa vers 1830. Ces textes composés dans une métrique arabe circulent sous forme de manuscrits avant leur impression au xxe siècle. C'est en 1901 qu'un marchand d'esclaves zanzibarite, Tippu Tip, raconte en kiswahili, graphisé en caractères arabes, mais aussitôt romanisé, sa vie, sans référence à l'islam. C'est là un geste fondateur d'un nouveau rapport à l'histoire, alors que les Missions chrétiennes adoptent le kiswahili comme véhicule de leur enseignement. Un comité pour l'aménagement du kiswahili est créé par l'administration coloniale. Le premier prosateur et poète du nouveau kiswahili, Shaaban Robert, ancien fonctionnaire colonial, en sera le président jusqu'à sa mort, en 1962. L'expression swahili graphisée en caractères latins se diffuse au Tanganyika : de nombreux poètes accompagnent le développement du nationalisme tanzanien, puis de l'ujamaa, version tanzanienne du socialisme africain, avec des poètes comme Mnyampala.

Sur la côte, le roman naît à Zanzibar avec les enquêtes policières de Mohammed Said Abdullah, puis avec les romans historiques de Adam Shafi Adam, de Mohammed Sulaiman Mohammed. Dans les années 1970-1990, une nouvelle génération d'intellectuels apporte au roman swahili une nouvelle sophistication : E. Kezilahabi, M. Said Mohammed en sont les meilleurs représentants. L'expression swahili a pris aussi racine dans l'intérieur du continent : Aniceti Kitereza, les Enfants du faiseur de pluie (I980, trad. fr. 1999). Abdellatif Abdallah, pour la poésie, et Ebrahim Hussein, pour le théâtre, sont aujourd'hui les références littéraires des générations qui ont vu grandir le kiswahili standard.