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littérature décabriste ou littérature décembriste

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

On désigne sous ce terme les œuvres des membres du mouvement décabriste ou de ceux qui, comme Pouchkine ou Griboïedov, partageaient leurs vues sans avoir pris part à l'insurrection du 14 décembre 1825. Profitant d'une crise de succession dans laquelle ils virent la possibilité d'instaurer une monarchie constitutionnelle, de jeunes nobles, s'inspirant des idéaux de la Révolution française avec lesquels les guerres napoléoniennes les avaient familiarisés, tentèrent un soulèvement qui fut réprimé dans le sang et puni par la déportation. Les poètes décabristes, dont les plus connus sont Alexandre Bestoujev-Marlinski (1797-1837), Fiodor Glinka (1786-1880), Pavel Katénine (1792-1853), Wilhelm Kioukhelbeker (1797-1846), Vladimir Raïevski (1795-1872) et Kondrati Ryleiev (1795-1826), se font les porte parole de la tradition des Lumières européennes : l'orientation patriotique de leur poème va de pair, en effet, avec l'affirmation du développement nécessaire d'une société civile en Russie ; ils recourent souvent à des grandes figures de l'Histoire nationale, voire à des exemples bibliques, pour incarner, au prix de distorsions, leurs propres aspirations, et proposer des modèles dans la lutte pour la liberté. Pour Ryleiev et Kiouchelbeker, le poète est un tribun et un prophète. Les poètes décabristes, suivant la tradition d'un Derjavine et d'un Batiouchkov, pratiquent les genres nobles, l'ode, l'hymne, l'épître, tout en développant une sorte de romantisme révolutionnaire. En prose, l'œuvre de Bestoujev-Marlinski eut une certaine influence sur l'évolution du roman russe. Le mouvement décabriste, et la production littéraire qui s'y rattache, est la première apparition d'un phénomène propre à la culture russe, l'association étroite de l'écriture et de l'engagement civique, particulièrement présent dans les milieux progressistes.