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balagha

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Mot arabe tiré d'une racine évoquant l'efficience et désignant les qualités et les procédés imposés au style s'il veut être éloquent : une rhétorique efficace, si l'on peut dire. Née dans les milieux des grammairiens et lexicographes, la balagha suppose avant tout la pureté (fasaha) du langage, dans le choix des mots, la correction morphologique et la clarté de la syntaxe. Bientôt, pourtant, les débats menés autour de la tradition et de la modernité en poésie, comme autour du style coranique, et la connaissance de la pensée grecque amenèrent un développement du concept et du champ de la balagha, définie comme recouvrant les sciences des notions (ma'ani), de l'exposé (bayan) et du beau style (badi'), ce dernier étant plus spécialement la connaissance des tropes. Parmi les travaux les plus importants qui ont cherché à en saisir les limites, il convient de citer al-Bayan wa-t-tabyin d'al-Djahiz, essentiellement consacré à « l'éloquence », et, surtout, les Asrar al-balagha (les Secrets de la balagha) ainsi que les Dala 'il al-i'djaz (les Preuves de l'inimitabilité) d'al-Djurdjani qui, plus qu'un autre peut-être, a poussé très loin son analyse, d'une grande rigueur, et a tenté de déchiffrer le concept de balagha à la lumière du texte coranique demeuré exemplaire quant à sa force argumentative et discursive. Ainsi constituée, la balagha, soutenue par les traditions de l'Orient, notamment grecque (Aristote), reste cependant, par sa démarche et ses références, une notion profondément liée au domaine arabe médiéval.