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Kemal Sadik, dit Gökçeli Yasar Kemal

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain turc (Gökçeli 1923 - Istanbul 2015).

D'origine modeste et de formation primaire, il s'intéresse dès sa jeunesse à la littérature populaire. Exerçant d'abord divers métiers, il s'installe à Istanbul en 1951, entre dans le journalisme, qu'il quitte en 1963. Dès 1939, il écrit, sous son vrai nom, des poèmes, des nouvelles (Chaleur jaune, 1952) et des reportages d'une très grande qualité puis des romans : Memed le Mince (1955) l'impose comme le plus grand écrivain réaliste turc et lui apporte la notoriété internationale. L'histoire d'un hors-la-loi légendaire d'Anatolie, admiré des pauvres et craint des oppresseurs, est le prétexte à une épopée moderne qui tient de la chanson de geste et du récit prolétarien. Mais l'hydre féodale renaît sans cesse et le héros reviendra sous l'aspect de Memed le Faucon (1969). Ses romans, dont certains sont mis en scène ou adaptés pour le cinéma (Terre de fer, Ciel de cuivre, 1963), traduisent dans un style direct et savoureux les problèmes des paysans anatoliens : Memed le Faucon (1969), Meurtre au marché des forgerons (1973), Tu écraseras le serpent (1976), Salman le solitaire (1980), une histoire d'amour et de mort dans les monts du Taurus. Les romans sont regroupés en trois grands cycles : le cycle du bandit d'honneur Memed le Mince, le cycle des Seigneurs de l'Aktchasaz et le cycle autobiographique auxquels se rattachent trois de ses derniers romans (dont Salman le solitaire, paru en turc en 1980). Ce chantre de la campagne et de la terre n'en a pas moins évoqué, à l'occasion d'une aventure virile et tragique, le monde bigarré d'Istanbul (Et la mer se fâcha, 1978). Depuis 1999, il a entamé un nouveau cycle (« Histoire d'une île ») qui traite des rapports turco-grecs après 1923. Son œuvre de prosateur ne doit pas faire oublier son engagement politique (aux côtés du Parti ouvrier turc et en faveur de la cause kurde) qui se traduit par de nombreux articles politiques mais aussi par des condamnations : la dernière en date remonte à 1999, à la demande de la Cour de sûreté de l'État.

L'œuvre de Yasar Kemal, au style poétique et vivant, a été couronnée par de nombreux prix : Del Duca en 1982 et Prix de la paix des éditeurs et libraires allemands en 1997.