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António Vieira

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain portugais (Lisbonne 1608 – Bahia 1697).

Élevé chez les jésuites de Bahia, il y reçut les ordres (1635) et commença de bonne heure sa carrière de prêcheur. Partisan fidèle du roi Jean IV, il se chargea de nombreuses missions diplomatiques et alla jusqu'à risquer sa position à l'intérieur de la Compagnie de Jésus par ses attaques contre la brutalité de l'Inquisition portugaise et contre l'esclavage. Détaché à Maranhão (Brésil), il lutta pour l'évangélisation et la défense des Amérindiens, victimes de l'esclavage. Sa liberté dans l'interprétation des Écritures lui valut, à son retour, la persécution de l'Inquisition, dont il dénonçait les excès. Amnistié, il s'installa à Bahia (1681), où il exerça les fonctions de supérieur des Missions. Orateur éblouissant et direct, il s'inscrit dans la tradition du sermon médiéval, mais ses procédés démonstratifs s'appliquent à une réalité nouvelle qu'il connaît bien. L'éducation rhétorique des écoles jésuites, l'art de persuader, l'intuition psychologique, le sens pratique, la largesse de vues convergent dans son éloquence toujours en prise directe avec le réel. Son œuvre, qui s'inscrit dans la complexité de l'époque baroque déclinante, comprend environ deux cents sermons (Sermons, 1697) – dont le Sermon de saint Antoine (1638) et le Sermon de la Soixantième (1655) sont parmi les plus célèbres –, cinq cents lettres (Cartas, 1735-1746), des récits de voyages et de nombreux documents politiques, diplomatiques, juridiques et religieux.