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Alexandre Vialatte

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain français (Magnac-Laval, Haute-Vienne, 1901 – Paris 1971).

Né d'une famille auvergnate très attachée à sa région, initié à la littérature par son ami Henri Pourrat, il séjourne en Allemagne (1922-1928) pour le compte de la Revue rhénane et de l'Intransigeant ; ses chroniques (rassemblées dans Bananes de Königsberg, posth., 1985) sont celles d'un témoin lucide de la montée du nazisme. Après un premier roman publié, Battling le Ténébreux (1928), histoire d'une rivalité d'adolescents autour d'une même femme, et un recueil de courtes nouvelles, Badonce et les créatures (1937), il est nommé professeur de français en Égypte en 1937 (lycée d'Héliopolis). Prisonnier en juin 1940, physiquement et mentalement épuisé à la suite d'une marche interminable, il doit être interné à l'asile de Saint-Ylie (Jura), d'où il sortira brisé. Installé dès lors en Auvergne, il écrit plusieurs romans dont quelques-uns seulement seront achevés et publiés de son vivant : le Fidèle Berger (1942), inspiré par l'épreuve de la guerre ; la Maison du joueur de flûte (posth., 1986), la Dame du Job (posth., 1987), Camille et les grands hommes (posth., 1999), les Fruits du Congo (1951). Régulièrement, des personnages d'adolescents rêveurs y gravitent autour d'une figure féminine mystérieuse dans un labyrinthe d'aventures indécises, teintées de mélancolie autant que de cocasserie ou d'humour noir. À partir de 1952, il se consacre exclusivement à ses chroniques, écrites le plus souvent pour le quotidien la Montagne (elles seront rassemblées après sa mort : Chronique de « la Montagne », 2000-2001). Chefs-d'œuvre d'humour et de fantaisie satirique dont les cibles sont « le progrès qui fait rage », les mœurs de ses contemporains, et plus rarement les événements ou les personnalités politiques, ces chroniques font de lui un maître du genre et la conscience aiguë d'une époque. Il s'y montre aussi l'admirateur fervent et érudit de Montaigne, Pascal, Pourrat, Paulhan, Carco, Heine, Dubuffet, entre autres, saisis dans de courtes notes qui font mouche. Vialatte fut toute sa vie un grand traducteur, entre autres de Nietzsche, de Thomas Mann, et surtout de Kafka qu'il contribua largement à faire connaître en France.