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Giovanni Verga

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain italien (Catane 1840 – id. 1922).

Passionné par le journalisme et la littérature (en 1861-1862, il publie un roman historique, les Carbonari de la montagne, et, en 1863, un second roman, Sur les lagunes), il effectue des séjours à Florence en 1865 puis de 1869 à 1871, où il fréquente le cercle de Francesco Dall'Ongaro et les milieux où l'on prône le « romantisme social ». Après Une pécheresse (1866), qui narre les amours d'un étudiant et d'une comtesse, Une fauvette à tête noire (1870), journal épistolaire d'une jeune Sicilienne recluse contre son gré dans un couvent, connaît le succès. Verga s'établit en 1872 à Milan, où il se lie d'amitié avec L. Capuana et où il écrit Ève (1873), Tigre royal (1875) et Eros (1875). Nedda (l'héroïne est une paysanne sicilienne qui vit de la cueillette des olives) date de 1874 et marque l'adhésion de Verga au vérisme. Mais, dès 1878, Verga esquisse le projet d'un vaste cycle romanesque, les Vaincus, dont il n'écrira que les deux premiers tomes ; le troisième est resté inachevé sous le titre la Duchesse de Leyra, le quatrième et le cinquième devaient s'intituler l'Honorable Scipioni et l'Homme de luxe. Le premier roman les Malavoglia, publié en 1881, narre la tragédie chorale d'une archaïque famille de pêcheurs abattue par autant de malheurs qu'elle fait d'efforts pour échapper à sa misère ancestrale. Le second, Maître Don Gesualdo, paru en 1889, est le drame d'un ancien manœuvre qui croit couronner son ascension sociale en s'alliant à une famille de nobles ruinés : sa fortune dilapidée, il meurt dans une mansarde du palais de sa fille. L'originalité de ce roman, dont la trame et le personnage central évoquent le Père Goriot de Balzac, tient essentiellement à sa dimension « sicilienne », d'un point de vue tant stylistique qu'anthropologique : d'une part, à travers le perfectionnement de la subtile technique de contamination qui, dans les Malavoglia, faisait participer la voix narratrice (mêlée de proverbes et de tours dialectaux) au chœur douloureux des humiliés ; d'autre part, à travers la mise en scène d'une conception archaïque des contrats sociaux. C'est toutefois dans les nouvelles de Verga (Printemps et autres récits) que s'affirme, non sans tâtonnements, une véritable esthétique vériste, où la représentation d'un fragment de réalité sociale étroitement circonscrit élude toute « mise en scène » (lettre à Capuana, février 1881) comme toute perspective de « rachat » (Nino Borsellino). D'où le sentiment tragique de fatalité qui pèse sur les personnages « primitifs » les plus déshérités (la Louve, Rosso Malpelo, Jeli le berger) des nouvelles de Vie aux champs, tandis qu'une ironie amère parcourt les Nouvelles paysannes (1883), contemporaines de la rédaction de Maître Don Gesualdo. Verga est également l'auteur de plusieurs recueils « milanais » (contrairement aux précédents, entièrement situés en Sicile), d'un populisme plus conventionnel : Dans les rues (1883) ; Vagabondage (1887) ; les Souvenirs du capitaine Arce (1891) ; Don Candeloro et sa troupe (1894). Dû à la fois à l'interprétation d'Eleonora Duse, dans le rôle de Santuzza, et à la mise en scène de Giuseppe Giacosa, le succès de l'adaptation théâtrale (1884) de Cavalleria rusticana et autres nouvelles encouragea Verga à renouveler l'expérience avec À la conciergerie (1885), la Louve (1896), Chasse au loup (1901), Chasse au renard (1901), la Soufrière (1903), oscillant entre la comédie de mœurs bourgeoises et le « bozzetto » vériste ; œuvres inégalement réussies, malgré les récentes réévaluations tentées par Franco Zeffirelli (mise en scène de la Louve, avec Anna Magnani) et la critique marxiste, à la faveur du renouveau d'intérêt suscité par El nost Milan (1893) de Carlo Bertolazzi.