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Vepxist'Q'Aosani

(Peau de panthère)

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Poème épique géorgien (fin xiie-début xiiie siècle) de Chota Rustaveli, parfois aussi appelé le T'ariel, du nom du héros revêtu de la peau du fauve.

La plus grande œuvre de la littérature géorgienne. Nombreux sont ceux qui peuvent la réciter par cœur en entier. Traditionnellement, on en offrait un bel exemplaire aux jeunes mariés.

Elle se compose, selon l'édition de l'Académie des sciences de Géorgie, de 1 669 quatrains. Chaque vers compte 16 syllabes et se divise en 2 hémistiches de 8 syllabes, chaque hémistiche se divisant à son tour en 2 segments, donc : 1 strophe = 4 vers et 16 segments, 1 vers = 4 segments et 16 syllabes. Le vers de 16 syllabes, ou chaïri, est soit symétrique 4 + 4 (c'est le haut chaïri), soit asymétrique 3 + 5 ou 5 + 3 (c'est le bas chaïri ou chaïri long), le quatrain restant toujours homogène. Dans le haut chaïri la symétrie est équivalente 4 + 4 / 4 + 4, dans le bas chaïri soit équivalente 3 + 5 / 3 + 5 ou 5 + 3 / 5 + 3 soit en miroir 3 + 5 / 5 + 3 ou 5 + 3 / 3 + 5, toujours en tout cas dans la proportion 3 : 5 : 8 ou « nombre d'or ».

Cette « histoire persane », si l'on en croit le prologue, est une troublante illustration de l'idéologie indo-européenne des trois fonctions mise à jour par Georges Dumézil. Elle raconte l'initiation de deux futurs rois, Avtandil et T'ariel, aidés dans leur quête par un troisième frère juré, déjà roi, Pridon. Naturellement, la lecture trifonctionnelle n'épuise pas toutes les lectures possibles de cette « œuvre ouverte », au sens où l'entend Umberto Eco, où tout est symbolique. Amour courtois, néoplatonisme, orphisme, soufisme, tout a été dit, et à juste titre. Ce qui explique sans doute que cette œuvre aujourd'hui si populaire, fondement et ultime rempart de l'identité nationale, ait pu être brûlée au xviiie siècle sur ordre du Catholicos Ant'on Ier, pourtant écrivain lui-même et protecteur éclairé des belles-lettres.