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Joost Van den Vondel

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Poète hollandais (Cologne 1587 – Amsterdam 1659).

Ses parents, anabaptistes exilés à Cologne, s'installent en 1596 à Amsterdam, où ils ouvrent un commerce de soierie dont il prendra la direction en 1613. Il devra pourtant, quand son fils aura conduit l'entreprise familiale à la faillite, remplir, à 70 ans, une fonction administrative au Crédit municipal d'Amsterdam pour rembourser les dettes. Dès sa jeunesse, il prend part à la vie de la capitale, faisant partie d'une des nombreuses chambres de rhétorique, et se passionne pour les causes politiques et religieuses de son temps : ses vers sont des satires sur les thèmes d'actualité (Sur la récente transformation de la Hollande, 1618) et ses œuvres dramatiques – dans lesquelles il s'essaie au drame biblique (le Pacha, 1610 ; Jérusalem détruite, 1620) – prennent volontiers une tournure polémique : Palamède ou l'Innocence assassinée (1625) est une allusion directe à la condamnation à mort d'Oldenbarneveldt. À partir des années 1630, alors que sa vie est endeuillée par la mort de sa femme et de son fils, il se tourne principalement vers la scène. Le nouveau théâtre d'Amsterdam est inauguré, en 1638, avec son Gijsbrecht van Aemstel, une tragédie sur un thème national dont les autorités de l'Église sont près d'interdire la représentation en raison des sympathies catholiques qui s'y révèlent. En 1641, Vondel fait d'ailleurs ouvertement état de sa conversion au catholicisme et prend la défense de sa foi dans des ouvrages didactiques, dont un poème sur l'eucharistie, les Mystères de l'autel (1645), qui sera une des œuvres de propagande de la Contre-Réforme dans les Pays-Bas du Sud, et dans la tragédie Mary Stuart (1646). Après la publication de ses Poésies (1650) accompagnées d'une Introduction à un art poétique néerlandais, Vondel (qui n'a cessé d'approfondir sa connaissance des auteurs antiques et qui, après avoir traduit Sénèque et Ovide, s'absorbe dans l'étude de Sophocle) donne des chefs-d'œuvre : Lucifer (1654), Jephté (1659), Adam exilé (1664), Noé (1667), tragédies bibliques en alexandrins sur les thèmes chrétiens de la culpabilité, de la lutte du bien et du mal, de la soumission à la volonté divine. Épique jusque dans son théâtre, qui pourtant suit les règles classiques, Vondel néglige la vraisemblance psychologique et la tension dramatique. Mais il écrit dans une langue à la luxuriance baroque dont la beauté lui a valu le surnom de « Prince des poètes néerlandais ».