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Uruguay

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

L'ancienne « Banda oriental », partie du vice-royaume de La Plata, ne devient République de l'Uruguay qu'en 1830. Les premiers grands noms de ses lettres sont ceux du poète néoclassique F. Acuña de Figueroa (1790-1862) et de Bartolomé Hidalgo (1788-1822). C'est avec les proscrits rebelles au dictateur Rosas qu'arrive le romantisme, qui trouve son organe principal dans El Iniciador, revue fondée par A. Lamas, et qui s'impose face au néoclassicisme alors régnant lors d'un fameux « concours poétique » disputé le 25 mai 1841, avec, jusqu'en 1880, une première période dont les principales figures sont les poètes Adolfo Berro, J. C. Gómez et A. Magariños Cervantes. Après 1880 apparaissent les poètes de la Generación del Ateneo, qui s'opposent au naturalisme triomphant, et dont le principal représentant est J. Zorrilla de San Martín célèbre pour son long poème épique, Tabaré (1888).

C'est également au premier plan que se situe le dramaturge Florencio Sánchez. Son théâtre s'inscrit dans la veine naturaliste ; V. Martínez Cuitiño (1887-1964) explore, quant à lui, tous les genres et tous les courants du théâtre, dans une œuvre abondante et variée.

Le grand poète du modernisme est Julio Herrera y Reissig, suivi par A. Armando Vasseur et de nombreux autres, réunis dans le cénacle d'Herrera y Reissig ou dans celui du conteur Horacio Quiroga. Plus tard, la poésie s'ouvre aux tendances nouvelles avec Emilio Oribe, qui évolue du Parnasse aux différentes avant-gardes, C. Sabat Ercasty, José Alonso y Trelles, qui cultive à son tour la poésie gauchesque, et les poétesses Delmira Agustini, María Eugenia Vaz Ferreira et, surtout, Juana de Ibarbourou ; parmi les plus jeunes, il faut citer Idea Vilariño, Amanda Berenguer et Ida Vitale.

Le roman apparaît avec E. Acevedo Díaz (1851-1921), dont l'œuvre constitue l'épopée en prose d'un peuple en lutte pour son indépendance. Ses successeurs exploitent volontiers le thème de la vie rurale, selon les techniques du naturalisme : Carloy Reyles (la Race de Cain) et deux maîtres de la nouvelle : Javier de Viana et Horacio Quiroga. Leur contemporain, J. E. Rodó, l'un des penseurs les plus importants du continent, donne à l'essai ses lettres de noblesse et son influence est encore sensible de nos jours.

La prose contemporaine reste placée sous le signe du réalisme avec Justino Zavala Muniz, Juan José Morosoli, Francisco Espinola, Julio C. Da Rosa et, surtout, Enrique Amorim, peintre vigoureux des réalités sociales de son pays. La plupart des narrateurs uruguayens cultivent la nouvelle avec un rare bonheur : ainsi Felisberto Hernandez et Juan Carlos Onetti. Comme la plupart des intellectuels de son pays, Onetti a dû s'expatrier après la prise du pouvoir par les militaires en 1973. Depuis, la vie littéraire connaît un nouvel essor grâce au talent d'écrivains exilés comme Mario Benedetti, romancier, conteur, essayiste fécond, et Eduardo Galeano (les Veines ouvertes de l'Amérique latine, 1971). Parmi les poètes contemporains qui se montrent soucieux d'inventions verbales, se détachent Ricardo Paseyro, Washington Benavides, Alejandro Paternain et Enrique Estrázulas, l'un des rares écrivains non exilés. En prose, après Carlos Real de Azua, José Pedro Díaz, Ángel Rama, Silvia Lago, la nouvelle génération a pour principaux représentants Cristina Peri Rossi et Teresa Porzecanski. Le critique Alberto Zum Felde donne des essais et demeure une des figures majeures du genre.