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Jacques Réda

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Poète français (Lunéville 1929).

Après des études de droit restées inachevées, il s'installe en 1953 à Paris, où il exerce plusieurs métiers, collabore à Jazz Magazine à partir de 1963 puis aux Cahiers du chemin (dirigés par Georges Lambrichs) à partir de 1967. Membre, quelques années plus tard, du comité de lecture des éditions Gallimard, puis rédacteur en chef de la Nouvelle Revue française (1987-1995), il reçoit en 1993 le grand prix de l'Académie française pour l'ensemble de son œuvre. Celle-ci commence véritablement avec Amen (1968, prix Max Jacob), qui, avec Récitatif (1970), présente plusieurs des aspects qu'on retrouvera dans la suite : Réda pratique une poésie de la promenade et des lieux, servie par une érudition discrète, aux accents parfois élégiaques, dans une versification à la fois libre et rythmée. S'il n'abandonne pas le vers régulier (Hors les murs, 1982 ; le Livre des reconnaissances, 1985 ; Lettre sur l'univers et autres discours en vers français, 1991), la prose apparaît dans la Tourne (1975) et plus encore dans les Ruines de Paris (1977), toujours conduit selon les hasards de la flanerie. L'herbe des Talus (1984, prix des Critiques), Recommandations aux promeneurs (1988) puis le Sens de la marche (1990) forment une trilogie de plus en plus ouverte aux digressions de l'écriture elle-même, mêlant descriptions, souvenirs et anecdotes, dans une prose poétique volontiers capricieuse. Aller aux mirabelles (1991) évoque surtout l'enfance lorraine, tandis que la Liberté des rues (1997) et le Citadin (1998) reviennent à l'errance parisienne. Son écriture, dont Celle qui vient à pas légers (1985) propose un art poétique, entend allier « les mots de tout le monde » au « léger décalage de la musique » : c'est celle d'un passionné de jazz (l'Improviste, une lecture du jazz, 1980), qui en retient, pour ses vers ou sa prose, le chaloupement et la maladresse savante.