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livre de Ruth

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Dans la Bible hébraïque, ce petit livre appartient au corpus des Ketoubim (Écrits) et est classé parmi les cinq Megillot (Rouleaux). Dans la liturgie juive, le livre de Ruth est lu lors de la fête de Chavuôt (Pentecôte). Au temps des Juges, un habitant de Bethléem, Élimèlek, pressé par la famine, quitte Bethléem avec Noémi, sa femme, et ses deux fils Mahlôn et Kyliôn, pour se réfugier à Moab. Il y meurt ainsi que ses deux fils, qui ont épousé des Moabites. Noémi, restée seule avec les deux veuves, décide de retourner dans son pays, Juda. Orpa, une de ses belles-filles, rejoint la maison de sa mère ; mais Ruth refuse de quitter sa belle-mère : « Ton peuple sera mon peuple, ton Dieu, mon Dieu. » (Rt I, 16) Elle l'accompagne jusqu'à Bethléem. C'est le temps de la moisson des orges et Ruth part glaner aux champs. C'est là qu'elle rencontre Boaz, parent de son beau-père qui accepte de l'épouser. De ce mariage naît Obed qui sera le grand-père du futur roi David. Une généalogie (IV, 18-22) termine le livre, allant de Pharès, le fils issu de l'inceste de Juda et de Thamar, jusqu'à David. L'auteur du Livre de Ruth a sans aucun doute voulu protester contre les mesures de rigueur prises par Néhémie et Esdras à l'égard des mariages mixtes (Néhémie, XIII, 23-27 ; Esdras, IX-X) : l'aïeul de David n'a pas hésité à épouser une Moabite (I, 22 ; II, 2-21 ; IV, 5-10), qui était venue « s'abriter sous les ailes de Yahvé, le Dieu d'Israël » (II, 12). Le judaïsme comme le christianisme accordent une place importante à Ruth : ancêtre du Messie, elle aurait été l'objet d'une intervention divine qui l'aurait rendue féconde. Elle est mentionnée dans la généalogie que Matthieu donne de Jésus (I, 5). Le récit de Ruth a inspiré de nombreux peintres et poètes, dont V. Hugo dans la Légende des siècles.