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Rutebeuf

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Poète français (xiiie s.).

Peut-être d'origine champenoise, mais étroitement lié à la vie littéraire et universitaire de Paris entre 1250 et 1277, Rutebeuf a laissé une œuvre poétique et dramatique diversifiée. Auteur de fabliaux plutôt lestes, d'un monologue, le Dit de l'Herberie, mimant les boniments d'un vendeur d'herbes médicinales, il a composé un Miracle de Théophile, version pour la scène d'une légende très célèbre et dont certains passages (la Prière de Théophile, par exemple) font écho aux poèmes les plus connus, dans lesquels « je » (Rutebeuf) se représente en jongleur miséreux, borgne, ruiné par le jeu de dés (Griesche d'hiver, Griesche d'Eté), conte ses déboires familiaux (le Mariage, la Complainte de Rutebeuf), dit sa crainte de n'avoir pas œuvré pour son salut (la Repentance de Rutebeuf), lui qui n'est pas « ouvrier de ses mains ». D'autres pièces, de tonalité souvent satirique et qui relèvent de la poésie de circonstance et de commande, mettent en scène un poète très engagé au service des maîtres séculiers de l'Université de Paris (Complainte de Guillaume de Saint Amour) dans leur conflit avec les ordres mendiants. Enfin, une part importante de l'œuvre est composée de textes narratifs pieux (Vie de sainte Marie l'Egyptienne, Vie d'Elizabeth de Hongrie), d'exhortations véhémentes à la croisade, de prières, de poèmes allégoriques dans lesquels le poète adopte à l'intention des différentes classes de la société le ton du sermonnaire, du satiriste, voire de l'imprécateur. La présence d'un « je » diversifiant ses postures, ses cibles, ses attaques, mais s'identifiant avec la même passion aux causes successives qu'il défend, fonde ainsi l'unité de cette œuvre éclatée. D'où l'impression de sincérité et d'authenticité qui se dégage d'une œuvre simultanément fondée sur une grande diversité de structures formelles et sur l'exercice d'une virtuosité flamboyante.