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Claude Royet-Journoud

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Poète français (Lyon 1942).

La démarche qui se déploie au fil des recueils (le Renversement, 1972 ; la Notion d'obstacle, 1978 ; Les objets contiennent l'infini, 1983 ; les Natures indivisibles, 1997) est une tentative de sortir de la poésie – en premier lieu de l'analogie – en « traquant, supprimant, systématiquement, tout ce qui peut être métaphore, assonance, allitération ». Le minimalisme (il entend « faire travailler des unités minimales de sens ») est chez lui à la fois densité (chaque poème s'élabore à partir d'un long texte en prose préalable) et retenue, refusant la profusion lyrique au bénéfice d'une littéralité qui s'attache à « l'à peine formulable ». Sur la page, espace sans profondeur ni altitude, les énoncés se fragmentent en une « pluralité de mots en écho », ni concrets ni abstraits, ne décrivant ni n'affirmant rien, car la poésie est « un métier d'ignorance ». Ce qu'il cite de Joë Bousquet (Lettre de Symi, 1980) vaut pour lui-même : « Écrire un livre, c'est faire assister le lecteur à toutes les vicissitudes d'une situation que l'on tire au clair. » Auteur, avec Emmanuel Hocquard, de deux anthologies de la poésie américaine, il a fondé et animé plusieurs revues : Siècles à mains, A, L'In-plano, Zuk, ce dernier titre du nom de Louis Zukofsky, l'une des voix de l'objectivisme américain.