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Ella Gwendolen Rees, dite Jean Rhys

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Romancière dominicaine (Roseau, la Dominique, 1894 – Londres 1979).

Ayant quitté son île natale à 16 ans pour vivre en Angleterre avant de faire partie, dans les années 1920, de la « génération perdue » au Quartier latin, Jean Rhys a, pour beaucoup, cessé d'être une romancière antillaise. De fait, la plupart de ses œuvres ont des cadres, des préoccupations et des personnages européens ; ce sont deux recueils de nouvelles (Rive gauche, 1927 ; Les tigres sont plus beaux à voir, 1968) et les romans Postures (puis Quatuor, 1928), Quai des Grands-Augustins (After Leaving Mr. McKenzie, 1931), Voyage dans les ténèbres (1935) et Bonjour minuit (1939). Seul le roman la Prisonnière des Sargasses (Wide Sargasso Sea, 1966), qui se passe aux îles Sous-le-Vent, traite véritablement des relations entre les races et les classes qui présidaient à l'existence des dynasties créoles. Commencé quarante ans après le départ de son auteur de la Dominique, ce roman a pour héroïne Antoinette Cosway, la première épouse antillaise de Mr. Rochester (personnage du roman Jane Eyre, de Charlotte Brontë) : il évoque son enfance heureuse aux îles Sous-le-Vent et sa lune de miel avec Rochester. La peinture de la plantation Coulibiri après l'émancipation, de la crise d'identité de la femme créole, fragile et volontaire, aliénée par rapport aux Noirs comme vis-à-vis des hommes, est faite avec finesse et sympathie. Certaines nouvelles de Il ne faut pas tirer les oiseaux au repos (Sleep it off, Lady, 1976) ont aussi les Caraïbes pour cadre, mais leurs thèmes, telles la vieillesse et la mort, sont plus universels. Après sa mort on a publié un choix de sa correspondance (Jean Rhys : Letters 1931-1966, 1984).