En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Aleksandr Nikolaïevitch Radichtchev

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain russe (Moscou 1749 – Saint-Pétersbourg 1802).

Fils d'un riche propriétaire terrien, il fit ses études dans le corps des cadets (1762-1766) et perfectionna son droit à l'université de Leipzig. Il est l'auteur du premier poème révolutionnaire russe, l'ode Liberté (1783), dans laquelle il chante la naissance des États-Unis. Il poursuit son œuvre, imprégnée de la philosophie des Lumières, avec le Discours sur ce qu'est un enfant de la patrie et la Vie de F. V. Ouchakov (1789), mais on retient surtout son Voyage de Pétersbourg à Moscou (1790), où il dénonce – et cela au moment où Catherine II, effrayée par la Révolution française, renonce à l'esprit des Lumières – l'absolutisme et les conditions sociales de son pays. Il a emprunté à Sterne l'idée d'un journal de voyage, ainsi que son sentimentalisme mais, révélant les causes de sa mélancolie et de sa pitié, il donnait en même temps à ce style un contenu spécifiquement russe. D'où cette étrange contamination entre le sentimentalisme de ton, le réalisme du contenu et le classicisme du langage. L'ouvrage fut prohibé (sa libre circulation n'interviendra qu'en 1905), son auteur arrêté et condamné à mort (peine commuée en exil en Sibérie), puis réhabilité par Alexandre Ier (1801). Mais, menacé de nouveau d'exil en raison de son projet de réformes sociales, Radichtchev se suicida. Toutefois, l'esprit de son œuvre resta toujours vivant et des poètes mineurs constituèrent même une école de « radichtchéviens ».