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Pétrone

en lat. Caius Petronius Arbiter

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain latin (Arezzo 1304-Arqua, Padoue, 1374).

La tradition universitaire l'a identifié avec le sénateur Titus Petronius Niger, surnommé l'« Arbitre des élégances », que Néron contraignit au suicide en 66 apr. J.-C. ; mais plusieurs indices concordants peuvent inviter à voir en lui un personnage distinct, qui aurait vécu dans la première moitié du iie siècle, et qui fut, en tout état de cause, l'auteur d'une œuvre romanesque abondante. N'en subsiste, à l'état fragmentaire, que le Satyricon (longtemps orthographié, mais à tort, Satiricon). Ce titre est un génitif pluriel grec, qui signifie Histoires de Satyres, le mot étant à prendre au sens de « débauchés » ; mais il fait peut-être aussi référence au vieux genre latin de la satura, que caractérisait à la fois, dans un esprit de dérision, le mélange des tons et des thèmes et celui de la prose et des vers – traits qui se retrouvent tous dans le Satyricon. Cette œuvre narrative, écrite à la première personne et relatant les aventures mouvementées d'un jeune marginal et homosexuel nommé Encolpe et de ses compagnons, apparaît comme le premier roman de la littérature universelle, ce qui lui confère une importance particulière. Elle comptait vraisemblablement vingt-quatre livres, mais nous en avons conservé à peine trois et nous n'en connaissons ni le début ni la fin, ce qui rend son interprétation très aléatoire. Ces fragments nous permettent néanmoins d'entrevoir un roman le plus souvent comique, picaresque avant la lettre, où la paillardise (qui fit longtemps sa réputation) tient une place importante, mais qui inclut aussi des discussions sur la crise de l'enseignement et sur la décadence des arts, une épopée (sans doute parodique) de 295 vers, composée par l'un des personnages, le poète Eumolpe, et, raconté par le même, le conte de « La Matrone d'Éphèse », promis à une immense fortune littéraire. Le fragment le plus étendu, représentant sans doute un livre, évoque le festin, à la fois grandiose et burlesque, offert par le richissime affranchi Trimalchion ; l'auteur y trace un tableau coloré du milieu social des affranchis, dont il reproduit les propos avec un réalisme langagier unique dans la littérature antique. Le reste du roman, écrit dans un latin très classique, comporte de nombreux pastiches littéraires, qui témoignent de l'érudition de son auteur et font du Satyricon beaucoup plus qu'un roman d'aventures : on peut y voir un des plus hauts sommets de la littérature latine.