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Joseph, dit Joséphin Péladan

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain français (Lyon 1859 – Neuilly-sur-Seine 1918).

Célèbre dans le Paris fin de siècle pour ses excentricités vestimentaires, et le titre assyro-chaldéen de « sâr » dont il s'était paré, il figure dans de nombreux romans à clés de l'époque (Bloy, la Femme pauvre ; Willy / Jean de Tinan, Maîtresse d'esthète...) où est brocardée son activité esthético-mystique. Passionné d'occultisme, il entre dans l'ordre kabbalistique des Rose-Croix, restauré en 1888 par Stanislas de Guaïta, puis fonde la Rose-Croix catholique : il y organise des « gestes esthétiques », véritables salons où s'expose le meilleur de la peinture symboliste. Idolâtrant Wagner, il y fait donner des concerts, ainsi que des représentations théâtrales de ses propres « wagnéries » : le Fils des étoiles, 1892 ; Babylone, 1893. Écrivain prolixe, il a de hautes ambitions romanesques, traitant, dans les 19 romans de son « éthopée » (la « comédie humaine » idéaliste de ce fervent balzacien) de la chute de l'Idée dans la Matière : la Décadence latine (le Vice suprême, 1884 ; Curieuse, 1885 ; l'Initiation sentimentale, 1887 ; l'Androgyne, 1891, etc.), où l'on trouve un mélange, parfois scabreux, de sensualité érotique et d'idéalisme hérité de Barbey d'Aurevilly, qu'il admirait. Rêvant de synthèse, il a multiplié les essais, parmi lesquels ses réflexions sur l'art figurent en bonne place (la Dernière Leçon de Léonard de Vinci, 1904 ; De Parsifal à Don Quichotte, 1906). En dépit de ses excès, du grotesque où il atteint parfois, et des relents d'extrémisme de sa pensée, son œuvre littéraire constitue une expression originale de l'idéalisme décadent fin de siècle.