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Papouasie-Nouvelle-Guinée

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Du point de vue linguistique, cette énorme île-continent (777 000 km2) offre une extraordinaire variété : plus de 700 langues appartenant à deux grandes familles linguistiques différentes (austronésienne et papoue). Peuplée à date très ancienne par des populations venues de l'Asie ou des Indes, bien avant les migrations océaniennes, la Papouasie-Nouvelle-Guinée présente une certaine unité culturelle avec le reste de l'Océanie. Coupée artificiellement en deux par une frontière, la Nouvelle-Guinée se divise en Irian Jaya à l'Ouest, province indonésienne – fort mal connue –, et en Papouasie (Papoua New Guinea), terrain de prédilection des ethnologues, à l'est. La Papoua New Guinea est un État indépendant depuis 1975 (auquel sont rattachés les archipels des Bismarck, Bougainville et Buka).

La littérature orale, dans de nombreuses régions, y joue encore sa part essentielle de moyen de transmission de la culture, mais dans certaines zones, où la scolarisation, l'évangélisation et les contacts étrangers ont été des phénomènes importants, elle n'est déjà plus qu'un folklore. L'anglais est la langue des études secondaires et supérieures (il y a une université à Port-Moresby, la capitale), plusieurs « lingua franca » (issues de langues locales) et de pidgins nés des contacts anglais et mélanésiens et papous (l'un des plus connus est le Police Motu) ajoutent à la multiplicité des langues locales, et font que les textes de littérature orale connaissent d'innombrables variantes locales.

Dans chaque ensemble culturel se retrouvent des cycles autour d'ancêtres, demi-dieux créateurs. Dans des affrontements terribles et par des marchés où le respect de la parole donnée et la ruse alternent, ils pacifient les forces surnaturelles ; les esprits créent les sociétés secrètes auxquelles se rattachent les activités artistiques et mettent de l'ordre dans les activités humaines. Un thème fréquent est celui des deux frères, dont l'un symbolise l'ordre et la civilisation, l'autre le désordre et la sauvagerie. C'est aux interventions du premier que l'homme doit son code social, des inventions variées et des techniques pour traiter le monde invisible et en obtenir aide ou protection ; au deuxième est généralement réservée la mort comme punition (souvent par noyade), et cette mort s'étend à l'espèce humaine (ainsi que les rites d'immersion des cadavres ou des os). Ces grands textes littéraires sont entremêlés de chants, de poèmes, de danses, de mimes où parures, masques et musique jouent un rôle important : ils s'accompagnent de dessins tout à la fois créations artistiques, symboles et résumés d'un fragment de la vie du dieu ou des animaux qui lui sont rattachés. Lors des grandes fêtes à caractère religieux, les artistes déploient en public leur talent, mais toute une partie du spectacle est réservée aux initiés et sert à intimider ou effrayer les femmes et les enfants.

Il est intéressant de noter le nombre élevé de récits qui font état de la mise en culture ou de la découverte dans la forêt des plantes vivrières. Les botanistes pensent que c'est sur cette terre que se sont développés certains taros, des bananiers, les cannes à sucre... et contrairement à l'Océanie – où dans la littérature les plantes « arrivent » par la mer, sous des formes variées, humains, animaux se transformant en plantes nourricières –, les mythes néoguinéens racontent la façon dont ont été découvertes en forêt, par un héros (homme ou femme), rapportées au village, cuites et testées sur les chiens puis mangées, ces plantes qui sont la base de l'alimentation.