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Henry Marie Joseph Millon de Montherlant

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain français (Paris 1895 – id. 1972).

Sa notoriété littéraire commence avec la Relève du matin (1920) et les Olympiques (1924), recueil de textes à la gloire du sport, qui pour Montherlant renouvelle les vertus de la guerre, qu'évoquent le Songe (1922) et le Chant funèbre pour les morts de Verdun (1924). En 1925, c'est « le grand départ » : Montherlant mène une vie de bohème dorée (Espagne, Italie, Afrique du Nord), expérimentant l'équivalence du « j'ai tout et tout m'échappe », se libérant de l'ennui en écrivant successivement : un roman (les Bestiaires, 1926), des recueils de textes indépendants (Aux fontaines du désir, 1927 ; la Petite Infante de Castille, 1929) et un fragment de pièce (Pasiphaé, 1928) ; il travaille à la Rose de sable (1930-1932), roman anticolonialiste (qui ne paraîtra qu'en 1968). Il écrit aussi les Célibataires (1934), qui traitent son sujet avec un naturalisme enjoué et reçoivent un accueil enthousiaste. Il revient définitivement en France en 1935. Il regroupe dans Service inutile (1935) des essais qui exposent les raisons de sa conduite, son moralisme désabusé et le sentiment de la vanité des choses. Les quatre volumes des Jeunes Filles (1936-1939), qui abordent la question des relations entre les hommes et les femmes, remportent, à leur tour, un très grand succès. Durant les quelques années qui précèdent la Seconde Guerre mondiale, il écrit dans des journaux et des revues politiquement opposés. Pourtant, les événements de 1938 ne le laissent pas indifférent. Dans l'Équinoxe de septembre (1938), il s'en prend à « l'esprit de Munich ». Les écrits de cette période troublée trahissent chez lui deux attitudes contraires : une « réserve » pour sa propre destinée, pour son art, et une angoisse insupportable devant la destinée tragique de la France. Il travaille cependant à Solstice de juin (1941), qui marque une sorte de recul, d'acceptation. Après ces derniers « écrits publics », il fait retraite dans le théâtre. Ce sont les grandes œuvres dramatiques, entre 1942 et 1965. À la Reine morte (1942) succèdent le Maître de Santiago (1947), la Ville dont le prince est un enfant (1951), Port-Royal (1954), de veine chrétienne, le Cardinal d'Espagne (1960), de veine espagnole, Malatesta (1950), la Guerre civile (1965), de veine italienne et romaine, et enfin des pièces « en veston » : Fils de personne (1943), Demain il fera jour (1949), Celles qu'on prend dans ses bras (1950). Montherlant a commenté son théâtre dans de nombreuses notes, rassemblées dans la Tragédie sans masque (1972). À ceux qui tentent de définir son théâtre par « le goût de la grandeur » il précise qu'il s'agit d'« un théâtre de caractères » : « Ces caractères s'élèvent par moments, pour retomber, ensuite, à un niveau moyen ou bas. » Ce sont des tragédies de l'aveuglement, de la faiblesse, de la peur, de l'honnêteté : tout l'homme. Montherlant a aussi commenté son œuvre d'écrivain dans ses divers Carnets (1957), auxquels se rattachent Va jouer avec cette poussière (1966), la Marée du soir (1972), qui révèlent une continuité des convictions, une permanence des thèmes, particulièrement de l'amour de la vie et de la hantise de la mort qui s'affirmera de plus en plus dans les dernières œuvres, le Chaos et la nuit (1963), Un assassin est mon maître (1971). Cette vie « qui fut une retraite perpétuelle tantôt dans le travail, tantôt dans le plaisir », il en fixa volontairement le terme, par le suicide, le 21 septembre 1972, jour de l'équinoxe.