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Blaise de Monluc

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Homme de guerre et mémorialiste français (Saint-Puy 1502 – Estillac 1577).

Soldat de métier, d'abord favorable à la Réforme, il prit parti, à partir de 1561, contre les huguenots, qu'il combattit du côté des forces royales. Lieutenant général du roi en Guyenne (1565), il fut maréchal de France en 1574.

Dans leur première version, rédigée entre novembre 1570 et juin 1571, ses Commentaires répondent à un dessein justificatif : accusé par ses ennemis de prévarication dans son gouvernement de Guyenne, il entreprend de se défendre auprès du roi. Ce propos initial va cependant se fondre dans un projet plus vaste et ambitieux. Les Commentaires de l'édition posthume (1592) apparaissent ainsi comme un manuel destiné aux « capitaines », un recueil d'exemples et de conseils tactiques. Mais, par-delà le propos technique, se profile un but politique : Monluc se présente comme le défenseur de la monarchie et de la religion ; son histoire devient celle d'une Vie exemplaire, dans la tradition historiographique antique et moderne. Au surplus, et bien que leur auteur se soit toujours refusé à endosser l'étiquette d'écrivain, on décèle dans les Commentaires un projet spécifiquement littéraire. Monluc emprunte aux historiens anciens et modernes leur rhétorique historiographique : harangues, réflexions morales, portraits, etc. Cette entrée dans le monde de la littérature a également pu constituer pour ce gentilhomme de petite naissance et dépourvu de patrimoine une forme tardive de promotion sociale. Car les Commentaires ont également un but carriériste : Monluc espère, grâce à ce témoignage de loyauté, recouvrer l'ancienne faveur royale.

Il est certain que tout n'est pas exact dans le portrait que Monluc dresse de lui-même, mais les distorsions que l'autobiographie fait subir à la réalité constituent, elles aussi, la vérité de ce moi : dans l'autobiographie, le mensonge lui-même devient, à un second niveau, vérité. Comme les Confessions de Rousseau, les Commentaires de Monluc appellent une lecture à plusieurs niveaux.