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Livre éthiopien des Miracles de Marie

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Ouvrage liturgique en langue guèze (fin xive s. – début xve s.).

Les premières collections de récits rapportant des miracles de la Vierge se sont constituées en France, autour des grands sanctuaires mariaux, vers le milieu du xiie s. Diffusées par les pèlerins, elles se sont enrichies à chaque étape de nouveaux épisodes, notamment en Italie et en Espagne, et elles ont été traduites dans la plupart des langues de l'Europe. Un de ces recueils, probablement rédigé en français, est passé dans l'Orient chrétien et a été traduit en arabe au cours du xiiie s., en tout cas avant la chute de Saint-Jean-d'Acre (1291). Comme en Occident, de nouveaux récits d'origine locale ont été ajoutés en Syrie, en Palestine, en Égypte et certains ont été rapportés en Europe. L'ouvrage pénétra en Éthiopie et fut traduit de l'arabe en guèze à la fin du xive ou au début du xve s., à la suite du grand mouvement de traduction inauguré par l'abuna Salama (1350-1390). Comme en Égypte, il servit de livre liturgique et bénéficia du regain de la dévotion mariale favorisé par l'empereur Zar'a Ya' qob (1434-1468) pour extirper certaines hérésies qui, précisément, refusaient la vénération de la Vierge. Plus encore qu'ailleurs, le livre s'enrichit en Éthiopie de récits originaux, relatifs aux traditions locales, d'un grand intérêt historique, linguistique et littéraire. Les collections conservées dans les différents manuscrits sont d'importance très inégale suivant le choix qui a été fait, de quelques dizaines à plusieurs centaines de récits. Au xviie s. s'est formé un corpus fixe, limité à 33 récits, qui a été illustré, dans les manuscrits du xviie et du xviiie s., par des miniatures constituant un des plus remarquables ensembles de la peinture éthiopienne.