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Vladimir Vladimirovitch Maïakovski

Vladimir Maïakovski
Vladimir Maïakovski

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Poète soviétique (Bagdadi, Géorgie, 1893 – Moscou 1930).

Fils d'un garde forestier, il adhère à 15 ans au parti bolchevique, connaît la prison et se lie, aux Beaux-Arts de Moscou, aux cubo-futuristes. Le romantisme de sa poésie est indissociable de l'élan révolutionnaire, qui informe chez lui l'existence entière, la création artistique comme l'amour. De même son suicide est dû autant à la confrontation avec la réalité soviétique qu'à la déception amoureuse. Avec Vladimir Maïakovski, tragédie (1913), il assigne à l'art la mission de faire surgir l'homme véritable, l'homme révolutionnaire. Dans le Nuage en pantalon (1914-1915) et la Flûte de vertèbres (1915), le lyrisme amoureux est aussi un appel à se débarrasser du passé. Maïakovski glorifie l'amour universel dans la Guerre et la paix (1916), mais le héros de l'Homme (1917) échoue dans la poursuite de son idéal, du fait de la petitesse de l'esprit humain. La révolution est perçue comme une libération, célébrée dans la pièce Mystère-Bouffe (1918) et le poème 150 000 000 (1921), où les masses populaires jouent le rôle du Créateur dans la naissance de l'homme nouveau. C'est l'Histoire elle-même qui engendre le héros à la fois lyrique et épique des poèmes J'aime (1922), De cela (1923), sorte de mystère sur l'amour, la souffrance et la résurrection ultime, et Vladimir Illitch Lénine (1924) où, contrairement à l'interprétation soviétique, l'auteur ne donne pas un portrait réaliste du père de la révolution, mais voit en lui l'incarnation du devenir historique, tout en soulignant le caractère ordinaire de l'individu. À l'inauguration de la NEP de 1923 à 1928, Maïakovski tente de réunir sous la bannière du L.E.F. (Front gauche de l'art) et de sa revue, l'ensemble des avant-gardes dans une orientation « futuriste-communiste ». C'est à ce titre qu'il voyage aux États-Unis, au Mexique, en Espagne et à Paris. Il subit cependant assez vite l'hostilité sectaire de la R.A.P.P. (Association russe des poètes prolétariens). Les dernières œuvres sont marquées par la désillusion : la révolution a transformé le prolétaire en bourgeois, selon un processus qu'il décrit sur le mode farcesque dans deux pièces satiriques, la Punaise (1928), qui offre de la société future une vision décourageante, et les Bains (1929), qui provoquent la fureur de la critique. L'œuvre de Maïakovski (expurgée) fut pourtant érigée en modèle de la poésie soviétique.