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Norman Kingsley Mailer

Norman Mailer
Norman Mailer

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain américain (Long Branch, New Jersey, 1923 – New York 2007).

Une enfance à Brooklyn, des études d'ingénieur à Harvard : s'il n'y avait eu la mobilisation en 1943 dans la marine et la guerre du Pacifique, rien ne prédisposait vraiment Mailer à être le « sismographe affolé » des secousses politiques et culturelles de son époque. Mais les Nus et les Morts (1948) sont bien davantage que « le plus grand roman de la guerre » : c'est la fable de la défaite inévitable de l'homme encaserné et embrigadé et une analyse des rapports de pouvoir dans la société américaine. Aussi l'« engagement » continu de Mailer (contre le maccarthysme, contre la guerre du Viêt Nam) apparaît-il aussi comme une mise en scène permanente des « exigences rebelles du Moi » (Morceaux de bravoure, 1982). Ses sujets sont divers : de Kennedy (les Papiers du Président, 1963) à l'évocation du mythe de la star (Marilyn, 1973) et du « grand ancêtre », Henry Miller (Vie et Débauches, 1983). Reporter halluciné (le Chant du bourreau, 1979), qu'il analyse sa propre tentative d'assassinat de sa femme (Un rêve américain, 1964) ou qu'il porte un regard détaché sur l'Égypte de Ramsès II (Nuits des temps, 1983), c'est sa propre violence qu'il a toujours explorée (Rivage de Barbarie, 1951 ; En transit vers Narcisse, 1978). Contre les idéologies politiques et la récupération psychanalytique, il proclame une révolution sexuelle (le Parc aux cerfs, 1955 ; Commissions existentielles, 1972), une débauche mystique qui démystifie les fantasmes du mâle américain (Les vrais durs ne dansent pas, 1984) et qui poussera la civilisation, comme on pousse un moteur, jusqu'à son éclatement (le Fantôme de Harlot, 1991).