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Nadjib Mahfuz

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain égyptien (Le Caire 1912 – id. 2006).

Troisième fils d'une famille de la petite bourgeoisie du Caire, licencié en philosophie (1934), il publie ses premières nouvelles dans la revue al-Majalla al-Jadîda, créée par Salâma Mûsâ. Ses premières œuvres allient un réalisme descriptif, s'attachant à peindre minutieusement la société traditionnelle, et un souffle patriotique recherchant dans le lointain passé pharaonique les raisons de la fierté d'un peuple aspirant à l'indépendance (Souffle de folie, 1938 ; Jeux du destin, 1939 ; Radûbîs, 1943 ; la Lutte de Thèbes, 1944). Après 1945, une série romanesque décrit la société citadine égyptienne (le Nouveau Caire, 1945 ; Khân Khalîlî, 1946 ; Passage des miracles, 1947 ; Début et Fin, 1949). Ce panorama culmine dans la célèbre trilogie, écrite de 1947 à 1952 et publiée en 1956-1957 (Impasse des deux palais, le Palais du désir, la Sucrerie), vaste fresque évoquant, à travers la vie de trois générations d'une famille du Caire, les bouleversements sociaux et politiques d'un demi-siècle de l'histoire égyptienne. Son roman les Fils de la Médine (1959), reçu comme une allégorie de l'histoire de l'humanité et des prophètes, déclencha en Égypte une réaction si violente qu'il ne put être publié qu'à l'extérieur. Les années 1960 marquent un tournant dans l'œuvre de Mahfûz, qui tend alors à privilégier le récit court, fait davantage place au symbole et débouche sur un constat inquiet, voire angoissé, de l'évolution d'une société dans laquelle l'individu est de plus en plus solitaire et abandonné. Les œuvres des décennies suivantes renouent avec la veine première, et la forme longue (le Voleur et les Chiens, 1961 ; le Monde de Dieu, 1963 ; la Voie, 1964 ; le Mendiant, 1965 ; Bavardage sur le Nil, 1966 ; Miramar, 1967 ; la Taverne du chat noir, 1968 ; Récits de notre quartier, 1975 ; l'Épopée des voyous, 1977 ; les Nuits des 1001 Nuits, 1982 ; le Périple d'Ibn Fattûma, 1983 ; Quchtumur, 1983 ; Récit du matin et du soir, 1985 ; le Jour de l'assassinat du leader, 1986 ; la Dernière Décision, 1996). En 1988, il est le premier écrivain arabe à obtenir le prix Nobel.