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Démosthène

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Orateur grec (Athènes 384 – Calaurie 322 av. J.-C.).

Fils d'un riche fabricant d'armes, orphelin à 7 ans, il intenta un procès à ses tuteurs qui avaient dilapidé l'héritage paternel et l'emporta (363). Élève d'Isée, orateur le plus connu du canon des dix orateurs attiques, il fut d'abord logographe, puis « rhètor », à un moment où le terme paraît désigner le « politique » de métier (L. Canfora). Un peu plus de trente discours judiciaires, plaidoyers civils (Discours 27-59) ou plaidoyers politiques (Contre Androtion et Contre la loi de Leptine, 355 ; Contre Timocrate et Contre Aristocratès, 352 ; Contre Midias, 347 ; Sur les forfaitures de l'ambassade, 343 ; Sur la couronne, 330 ; Contre Aristogiton I et II, 325) sont conservés sous son nom, avec les Harangues, deux discours d'apparat, des Prologues, des Lettres et des fragments. Engagé dans la lutte contre Philippe de Macédoine, Démosthène prononce les discours Sur les Symmories (354), Pour les Mégalopolitains (353), Pour la liberté des Rhodiens (351), où il traite de réforme financière, de la question des rapports d'Athènes avec la Perse, avec Sparte, avec Thèbes, et prône la défense des régimes démocratiques. La Première Philippique (351) ouvre une série de discours où l'orateur exhorte ses concitoyens à prendre les mesures nécessaires contre Philippe ; suivent les trois Olynthiennes (349-348), la Deuxième Philippique (344), après le Sur la paix (346) – exception de circonstance –, les discours Sur l'Halonnèse (343) et Sur les affaires de Chersonnèse, la Troisième Philippique (341), la Quatrième Philippique dont l'authenticité a été contestée. En même temps, Démosthène attaque Eschine (Sur les forfaitures de l'ambassade, 343). Après la défaite des Grecs, pourtant unis, à Chéronée (338), il continue de s'opposer à la domination macédonienne et pousse les Thébains à une révolte que réprime Alexandre, après la mort de Philippe (336) ; menacé, il est sauvé grâce à Démade. Il justifie sa politique et sa vie dans le discours Sur la couronne (330) : Ctésiphon avait proposé de couronner Démosthène au théâtre lors des Grandes Dionysies de 337 pour le remercier de son rôle dans la défense des fortifications et de sa politique en général ; Eschine poursuivit Ctésiphon pour illégalité et fut condamné. Plus tard, Démosthène fut compromis dans le scandale du détournement du trésor d'Harpale et s'exila à Égine puis à Trézène (324) ; il rentra à Athènes après la mort d'Alexandre, au début de la guerre lamiaque (323). Après la défaite de Crannon, près de tomber aux mains des Macédoniens, il se suicida dans l'île de Calaurie (322).