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Du Fu

Du Fu
Du Fu

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Poète chinois (712 – 770).

Surnommé « le Sage de la poésie », il est, avec Li Bai (701-762) dont il était l'ami, le plus grand poète chinois. Bien que descendant d'une famille de mandarins, il ne connut que des échecs dans sa carrière : refusé aux examens (736), il n'occupe de toute sa vie que deux postes mineurs. De nombreux poèmes de lui montrent combien le poète, confucianiste convaincu, qui avait l'ambition de jouer un rôle politique dans son pays, en souffrit. Il laisse 1 458 poèmes, dont une bonne partie date des douze dernières années de sa vie. Aux événements historiques qu'il traverse, Du Fu mêle son expérience personnelle, ce qui a valu à sa poésie la dénomination de shishi, « histoire en poèmes ». Pendant les années tourmentées de la rébellion d'An Lushan (après 756) où se brise le rêve splendide de la dynastie Tang, la verve réaliste de Du Fu est à son apogée. Il livre alors des œuvres écrites dans un style simple et direct, qui décrivent les horreurs de la guerre, les familles séparées, la chute d'un empire, la famine, tous les aspects d'un drame dont le poète est lui-même victime. Suivent de longues années de pérégrinations avec sa famille, fuite perpétuelle devant l'insurrection, la misère et la solitude. Grâce à la protection du gouverneur de Chengdu, il connaît, entre 760 et 762, quelques brefs moments de répit et d'aisance. Sa vie se termine dans l'errance, à laquelle il semblait voué. En dehors de poèmes répondant directement aux événements politiques et militaires contemporains, les thèmes principaux de Du Fu tournent autour de la famille, de la nostalgie de la capitale, de l'histoire ancienne, de l'inutilité de sa vie, la maladie et la vieillesse. Du Fu est le grand maître de la poésie régulière et surtout du huitain, lüshi : maniant avec virtuosité les difficultés de cette prosodie très stricte, atteignant une perfection technique qui fit l'admiration de générations d'imitateurs et de critiques, il réussit à transmettre l'intensité de ses émotions devant l'univers, le destin de l'homme et des dynasties. Proche du réel, de la nature concrète et familière, de la vie quotidienne, il fait naître l'émotion par la juxtaposition de faits apparemment anodins et, poète discret, suggère sa passion plus qu'il ne la clame.