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Michel Deguy

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Poète français (Paris 1930).

Philosophe de formation, universitaire, fondateur de la Revue de poésie (1964) et de Poésie (1976), ancien membre du comité de lecture des éditions Gallimard (le Comité, 1988), il publie avec la même exigence essais, critiques, poésies et traductions (Dante, Gongora, Hölderlin) : tout ce qui peut aider le poète à réinventer le langage. Le poème, pour être un « événement », doit s'énoncer comme une « anagramme phonique de ce mot de lui-même qu'il ne livre pas entièrement » : incessant va-et-vient de la « promesse des noms » à la « clairière des hommes ». Cette invention va de pair avec la mise en question du poème, le poème s'ouvrant à l'essai, la circonstance la plus anecdotique menant au questionnement le plus abrupt. Si le tissu des références n'exclut pas une lecture naïve du suc et du choc des mots, rien ne permet cependant de donner à cette poésie un contenu qui « convienne » au monde : il ne s'est « jamais agi de rendre le monde poétique, mais de rendre le monde au poétique ». Le départ constamment fait entre deux poésies, celle qui s'imposerait de l'extérieur et celle qui, au contraire, « imploserait », explique la complexité d'une œuvre marquée par l'instant, l'occasion, l'à-propos. Critique, intertextualité et saisie immédiate de l'expérience personnelle restent inséparables car la nature, la culture et l'instant sont pris dans un mélange indissociable (les Meurtrières, 1959 ; Fragments du cadastre, 1960 ; Biefs, 1963 ; Actes, 1966 ; Figurations, 1969 ; Tombeau de Du Bellay, 1973 ; Reliefs, 1976 ; Donnant donnant, 1981 ; Gisants, 1985 ; La poésie n'est pas seule, 1988 ; Arrêts fréquents, 1990 ; À ce qui n'en finit pas, 1995 ; la Raison poétique, 2000 ; l'Impair, 2001).