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Félix Rubén García Sarmiento, dit Rubén Darío

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Poète nicaraguayen (Metapa 1867 – León 1916).

Précocement doué – on l'appelait l' « enfant-poète » –, il compose ses premiers vers à l'âge de 11 ans. Victor Hugo est alors son maître. À 19 ans, il part pour le Chili, où il découvre les Parnassiens français. Il a déjà publié deux recueils (les Ronces et Rimes, 1887) lorsqu'il connaît son premier grand succès avec Azur (1888), recueil mêlé de prose et de poésie, imprégné de l'influence de Catulle Mendès, de Leconte de Lisle, de Armand Sylvestre et de Coppée, qui s'impose d'emblée comme la bible du jeune mouvement moderniste et révèle déjà les deux grandes tendances de l'œuvre de Darío : la sensibilité et la sensualité raffinées, mais aussi la préoccupation pour les problèmes métaphysiques et sociaux. Après un voyage en Espagne puis à Paris, où il rencontre Verlaine, il fait un séjour à Buenos Aires comme consul de Colombie (1893-1898). C'est là qu'il publie les Bizarres (1896), collection de portraits d'écrivains contemporains, la plupart français, et surtout, la même année, un recueil de vers, Proses profanes, remarquable par le raffinement de ses thèmes et par les audaces de la versification, recueil illustrant la théorie de l'art pour l'art, le culte de la beauté et la recherche de la musique où abondent les lacs, les cygnes, les princesses, la faune et la flore exotiques, composantes obligées du premier modernisme, tentative de recréation de mondes enfuis ou imaginaires et refus du monde contemporain.

De 1900 à 1914, il vit, presque sans interruption, à Paris, où il mène une vie à la fois élégante et bohème. En 1905, ses Chants de vie et d'espérance affirment sa foi nouvelle « en la vieille Hispanie » et dans le destin de l'Amérique latine face aux États-Unis. Il publiera encore quelques recueils (le Chant errant, 1907 ; Poèmes de l'automne, 1910) et une autobiographie (la Vie de Rubén Darío écrite par lui-même, 1912) ; mais, miné par l'alcool, il retourne au Nicaragua pour y mourir misérablement. Prosateur virtuose, vénéré comme un maître par Juan Ramón Jiménez et Antonio Machado – lui-même un des principaux maîtres de la génération de 1898 –, Rubén Darío est, avant tout, le grand lyrique de son temps. Il a introduit une musique nouvelle dans la poésie de langue espagnole, dont il a rajeuni les formes d'expression. Chef incontesté du mouvement « moderniste », il est le premier écrivain latino-américain vraiment universel.