En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Biélorussie

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Différencié au xiiie s. et devenu langue officielle de l'État lituanien, le biélorusse transcrit d'abord des actes juridiques et des chroniques où perce parfois une contestation sociale. À partir du xvie s., la Biélorussie subit une polonisation forcée, à laquelle résistent l'humaniste F. Skorina, traducteur de la Bible (1517), ses successeurs les polémistes anticatholiques Symon Budny (1530-1593) et A. Filippovitch (1597-1648) et, au xviie, le théologien et poète russophile Siméon de Polotsk. L'interdiction absolue de l'idiome (1697) cantonne enfin celui-ci au folklore, et le xviiie s. ne connaît qu'une pâle littérature scolaire. Facteur d'éveil culturel et frein à l'essor linguistique, l'union à la Russie (fin xviiie s.) stimule la collecte du patrimoine oral ; pourtant, l'œuvre du poète serf P. Bagrim (1813-1890) est confisquée, tandis que le romantisme nobiliaire de A. Rypinski (1810-1900) et J. Barchtchevski (1794-1851) donne du paysan une vision édulcorée et sentimentale, que récuseront les comédies de Dounine-Martsinkievitch, puis la poésie de F. Bogouchevitch et I. Loutchina (1851-1897). À l'aube du xxe s., ce courant réaliste critique s'épanouit avec les poètes M. Bogdanovitch, A. Tiotka, I. Koupala et I. Kolas, liés aux masses dont ils dénoncent la misère, et expriment en une langue littéraire rénovée les aspirations révolutionnaires et nationales. À partir de 1917, d'abord divisés par la révolution et les luttes idéologiques entre prolétariens et nationalistes au sein de l'association « Molodniak », poètes (I. Koupala, I. Kolas, M. Tcharot, P. Glebka, P. Brovka), prosateurs (Biadoulia, T. Gartnyï, K. Tchornyï, M. Lynkov) et dramaturges (K. Krapiva) s'unissent pour exalter la collectivisation et l'homme nouveau. Longtemps hantée par un conflit qui l'a meurtrie, la Biélorussie sait, après 1956, se dégager des clichés pour élargir le champ de la poésie (A. Koulechov, P. Pantchenko, M. Tank), réenvisager en profondeur le thème de la guerre (A. Adamovitch, V. Bykov, A. Koulakovski) et s'ouvrir aux problèmes moraux et sociaux (I. Chamiakine, V. Karpov, I. Bryl, M. Loban, A. Makaïonok, I. Melej).