En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Simone de Beauvoir

Simone de Beauvoir
Simone de Beauvoir

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Femme de lettres française (Paris 1908 – id. 1986).

Née dans une famille bourgeoise, agrégée de philosophie en 1929, elle enseigne d'abord, puis, à partir de 1943, se consacre à la littérature. Ses premiers essais, Pyrrhus et Cinéas (1944) et Pour une morale de l'ambiguïté (1947), sont marqués par la pensée sartrienne et constituent une philosophie pratique existentielle, réaffirmant avec force la liberté de l'individu et son nécessaire engagement (le Sang des autres, 1945 ; Tous les hommes sont mortels, 1946). Mais en même temps qu'elle veut faire apparaître un nouveau visage de l'homme, Simone de Beauvoir, dès sa pièce les Bouches inutiles (1945), veut donner à la femme un nouveau statut et une nouvelle image, en particulier à travers le Deuxième Sexe (1949), qui relate les années d'enfance et d'éducation, puis le détachement progressif du « monde bourgeois », et qui devient la bible du féminisme : « On ne naît pas femme ; on le devient. » La célébrité vient davantage encore avec les Mandarins (1954) : aboutissement prétendu du « roman existentialiste », il s'agit surtout d'un document de première main sur les mœurs intellectuelles du temps, marquées par les débats infinis au sujet du parti communiste ; Simone de Beauvoir épouse à peu près les sinuosités de la pensée sartrienne vis-à-vis des communistes français, et son recueil d'essais, Privilèges, résonne comme une défense et une illustration de la pensée politique et philosophique de Sartre. Après l'Amérique au jour le jour (1947), elle écrit, dans la même lignée « engagée », une hagiographie maoïste, la Longue Marche (1957), mais retrouve une vision plus distanciée avec son travail de mémorialiste : les Mémoires d'une jeune fille rangée (1958), la Force de l'âge (1960), la Force des choses (1963) l'imposent comme un témoin privilégié de son temps, qui s'analyse avec une lucide et courageuse précision. Ses dernières œuvres sont principalement autobiographiques : Une mort très douce (1965) raconte la mort d'une mère, tandis que les Belles Images (1966) et la Femme rompue (1967) relancent le combat pour les femmes, qu'elle poursuit dans les Temps modernes (Les femmes s'entêtent, 1964). Le temps des bilans est venu avec la Vieillesse (1970), qui est à la cause du « troisième âge » ce que le Deuxième Sexe était à celle de la femme, et avec Tout compte fait (1972), qui relate, entre autres, les longs séjours romains de Sartre avec l'auteur. La mort de Sartre lui inspire le plus émouvant de ses livres, la Cérémonie des adieux (1981). Son Journal de guerre et ses Lettres à Sartre paraissent en 1990.