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Henri Barbusse

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain français (Asnières 1873 – Moscou 1935).

Né à la fin du siècle, il partage le pessimisme de son temps : on le voit à la mélancolie de son recueil les Pleureuses (1895), dans son roman noir l'Enfer (1908), dans ses recueils de nouvelles désenchantées datant d'avant 1914, Nous autres (1914), l'Illusion (1919), l'Étrangère (1922), Quelques coins du cœur (1921). Engagé volontaire dès le 2 août 1914, il participe longtemps à la terrible réalité de la guerre, et son livre le Feu – à la fois reportage sur une guerre concrète et atroce, création littéraire et romanesque, épopée réaliste du peuple en guerre, message pacifiste et révolutionnaire – obtient le prix Goncourt en 1916.

Dès lors, l'écrivain devient combattant social : il fonde en 1917 l'Association républicaine des anciens combattants et, en 1919, le mouvement international d'intellectuels Clarté. Il écrit trois essais politiques, la Lueur dans l'abîme, Paroles d'un combattant, le Couteau entre les dents, où il défend les idées du communisme. Mais il reste un écrivain, en publiant son roman Clarté (1919) – où dominent, dans un style expressionniste, les thèmes individuels du sexe et de la mort comme ceux de l'oppression idéologique et sociale –, sa vaste fresque historique des Enchaînements (1925) et sa trilogie religieuse sur Jésus (1926-1927), passionnante aventure poétique, mythique et épique. Par ailleurs, sa conception de l'écrivain « homme public » lui fait déployer une vaste activité contre l'oppression, le fascisme et la guerre, et pour le communisme, avec une foi aveugle en l'U.R.S.S. : s'enchaîneront ainsi les Bourreaux (la terreur blanche dans les Balkans) [1926], le Comité Amsterdam-Pleyel contre la guerre (1933), Connais-tu Thachmann ? (1934), Russie (1930) et Staline, Un monde nouveau vu à travers un homme (1935). Il fonde Monde (1928-1935), revue indépendante de tout parti, qui se heurte à divers sectarismes. Bienveillant mais prudent à l'égard de la littérature prolétarienne, il préfère laisser à chaque créateur ses responsabilités artistiques. Cela ne l'empêche pas d'avoir ses conceptions personnelles, dans le sens d'un réalisme qui dépasserait celui de Zola (1932). Durant les dix dernières années de sa vie, il diversifie dans ce sens sa production : Force (Trois films) [1926] tente de fonder un renouveau d'écriture à la fois sur l'art cinématographique et sur le récit idéologique, Faits divers (1928) est sans fiction, Élévation (1930) mêle « l'homme-point » et « l'homme-monde ». On ne peut manquer de trouver de l'intérêt à cet ensemble de préoccupations idéologiques et esthétiques. Barbusse est un écrivain qui a poussé le plus loin qu'il a pu la convergence entre questions artistiques et sollicitations politiques.