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Stanislaw Baranczak

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Poète, essayiste, traducteur et historien de la littérature polonais (Poznań 1946).

Étudiant en littérature à l'université de Poznań, il dirigea le Théâtre du Huitième jour. Ses études terminées, il enseigne à l'université et écrit d'abord pour le mensuel Odra de Wrocław, puis pour Nurt. Cofondateurs du Comité de défense des ouvriers (1976), il est interdit de publication et passe à la clandestinité, devenant l'un des rédacteurs de l'excellente revue littéraire des presses parallèles Zapis. En 1977, il est radié de l'université où il est réintégré en 1980 (naissance du mouvement Solidarnoś ć), mais l'État de guerre du 13 décembre 1981 le place à nouveau en tête de liste des individus indésirables. Il s'exile aux U.S.A. où il enseigne la littérature à l'université de Harvard, dirige la Polish Reviev of New York. Il collabore aux Les Cahiers littéraires publiés à Paris par Barbara Toruńczyk et introduits clandestinement en Pologne. Il est l'un des représentants majeurs de Nouvelle Vague ou Génération 68, courants de poètes qui, marxistes au départ, exigent un communisme débarrassé de ses mensonges et de la langue de bois, dénoncent le hiatus entre la vérité officielle et les pratiques sociales, le pouvoir absolu de l'appareil politique et policier. Leur poésie, initialement appelée « linguistique », évolue vers une forme élaborée de contestation du système par des moyens artistiques talentueux. S. Barańczak donne la pleine mesure de sa richesse créative en poussant la langue poétique jusqu'à des limites extrêmes (D'une seule traite, 1970 ; Journal du matin, 1974 ; la Respiration artificielle, 1978 ; le Triptyque en béton, fatigue et neige, 1980 ; l'Atlantide et autres poèmes, 1986 ; la Carte postale de ce monde, 1986 ; Voyage hivernal, 1994 ; Une précision chirurgicale, 1998). Il est l'auteur de nombreux essais de critique littéraire. L'impact de certains de ses livres fut déterminant sur la structuration des théories littéraires de la seconde moitié du xxe s. en Pologne et dans les pays dit du Bloc de l'Est (Suspicieux et pensifs, 1971 ; Ironie et harmonie, 1973 ; la Langue poétique de Miron Białoszewski, 1974 ; Éthique et poétique, 1979 ; les Livres les pires de 1975 à 1980, 1981 ; le Lecteur privé de volonté, 1983 ; le Fugitif de l'Utopie – sur la poésie de Z. Herbert, 1984). Il traduit D. Thomas, O. Mandelstam, J. Brodski, G. M. Hopkins, J. Donne, G. Herbert, W. Shakespeare, J. Merill, S. Heaney.