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Jean-Louis Guez de Balzac

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain français (Angoulême 1595 - id. 1654).

Balzac a joué un rôle essentiel dans la formation de la prose classique. Il occupe, dans les courants culturels et stylistiques de son époque, une position médiatrice entre la Cour et l'humanisme érudit parlementaire. Descendant par sa mère d'une dynastie de robe, élève de Nicolas Bourbon, il a l'« air de la Cour » et les références de l'érudit (il parachève ses études à l'université de Leyde et par un séjour à Rome en 1621-1622). Dans les Lettres (1624) qu'il adresse non seulement à la société précieuse de l'hôtel de Rambouillet mais à toute l'Europe savante, il prend soin d'adapter en français les raffinements de la rhétorique latine (Cicéron, Sénèque, les Pères de l'Église). Ces lettres portent tout à la fois sur des sujets de circonstance comme sur des questions politiques, littéraires ou morales. Le succès que rencontrent les Lettres est dû à la nouveauté avec laquelle Balzac associe panégyrique et harangue, pour montrer que le genre épistolaire est capable d'abriter toutes les formes d'éloquence. Le Prince (1631) est une peinture du souverain idéal, tout dévoué à la chose publique. Le pouvoir trouve dans la volonté divine à la fois sa légitimité et ses limites. Après l'échec du Prince, Balzac se rapprochera de l'humanisme dévot et sera reçu dans le cercle des frères Dupuy. Il n'a jamais fait passer les mots avant les idées, comme en témoigne le Socrate chrétien (1652), dont l'argument est de concilier la morale antique avec la religion chrétienne, en faisant l'apologie de l'éloquence laconique de la Bible. Héritier de Montaigne (par son sens de la modernité et du moi), de Malherbe (par son souci de l'élocution), Balzac fut « en un temps de confusion et de désordre » l'initiateur d'une éloquence équilibrée et d'une langue à la fois souple et structurée dont l'évidence classique a fait souvent oublier la genèse.