En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Sassanides

L'époque sassanide
L'époque sassanide

Dynastie nationale iranienne, originaire du Fars, en Iran, et qui, entre 224-226 et 651 après J.-C. (conquête par les Arabes musulmans), édifia un empire de la Mésopotamie à l'Indus.

Les rois

Introduction

L'ancêtre, Sâssân, était un prêtre d'Anâhita, qui vivait à Istakhr (près de Persépolis). Pâbhagh (ou Papak), fils de Sâssân et roi de Khir (à l'est de Chiraz), commence à accroître ses domaines aux dépens de ses voisins.

Ardachêr

L'un des fils de Sâssân, Ardachêr (en grec Artaxerxès), obtient le titre de gouverneur (argapet) de la forteresse de Darabgird, bat successivement les princes des alentours et conquiert la province de Kerman ; il devient le maître de toute la région du Fars et du Kerman, en qualité de prêtre-roi, et se fait construire un palais à Gur (actuel Firuzabad). S'insurgeant contre l'Arsacide Artaban V, il bat et tue celui-ci (bataille d'Hormizdagan, en Susiane, 224), entre à Ctésiphon, la capitale parthe (226), et se fait probablement couronner « roi des rois », prenant ainsi la place du vaincu. Il ne tarde pas à entreprendre des conquêtes qui étendent son royaume de l'Arménie à la région de Merv et au Baloutchistan. Il reconstitue ainsi le domaine achéménide, reprenant notamment aux Romains les villes si souvent disputées de Nisibe et Carrhae (Harran). Pour légitimer son pouvoir, il se serait allié, selon la tradition, à une princesse arsacide. Il reconstitue un État fort et, fondant temples et villes, inaugure une renaissance nationale et religieuse. Il trouve dans la religion traditionnelle un véritable soutien de son pouvoir.

Châhpuhr Ier

Le fils d'Ardachêr, Châhpuhr Ier (Sapor pour les Occidentaux) [241-272], poursuit sa politique de conquêtes. Un premier raid sur Antioche dès 241 laisse entrevoir que la dynastie sera, pour les Romains, plus dangereuse que les Parthes. Châhpuhr occupe Peshawar, Samarkand et Tachkent. Sur l'emplacement d'une bataille victorieuse, dans le Khorasan, il fonde Nichapur. Puis, se retournant contre Rome, il s'empare d'Antioche (256) et capture l'empereur Valérien et 70 000 légionnaires près d'Édesse (260). Établis dans la ville neuve de Gund-e Châhpuhr, les captifs sont employés à de grands travaux, tels que la digue appelée Band-e Kaïsar (Digue de l'empereur), qui relève les eaux du Karun, près de Chustar. On colporta (Lactance en particulier) toutes sortes d'histoires extraordinaires sur les souffrances infligées à Valérien, dont les bas-reliefs rupestres de Naqsh-i Roustem, près de Persépolis, commémorent la défaite. Châhpuhr trouve ensuite pendant quelques années un nouvel et dangereux adversaire en la personne du roi de Palmyre, Odenath.

Sous le règne de Châhpuhr Ier, Mani, le fondateur du manichéisme, trouve des appuis dans la famille royale et prêche lors du couronnement du roi. Mais il est persécuté par les mages et, par la suite, mis à mort.

Bahrâm II

Sous Bahrâm II (276-293), l'empereur romain Carus marche sur Ctésiphon et meurt en campagne, ce qui arrête la pénétration romaine. La Mésopotamie et l'Arménie doivent, cependant, être cédées à Rome. Narsès (293-302) est battu par le Romain Galère, qui capture sa famille et pénètre jusqu'en Géorgie.

De Châhpuhr II à Pérôz

Le règne de Châhpuhr II (310-379) succède à une période de querelles de cour, mais de paix avec les Romains. Le nouveau roi reprend la guerre pour venger les défaites passées. La mort en campagne de l'empereur Julien met assez vite fin au conflit. Plus tard, sous Bahrâm IV (388-399), l'épineuse question de l'Arménie, sans cesse disputée, se résout par un partage. Des considérations politiques entraînent la persécution des chrétiens : le christianisme est en effet devenu religion d'État dans l'Empire romain. Sous Yazdgard Ier (399-420), les chrétiens bénéficient de la tolérance royale et se constituent en Église semi-nationale sous l'autorité de l'évêque de Séleucie et de Ctésiphon (concile de 410). Sous Bahrâm V (421-438), dont la légende iranienne a immortalisé le dynamisme, le goût pour la chasse, la poésie et la musique, les chrétiens, persécutés, s'enfuient en pays romain. La guerre qui s'ensuit et la défaite de Bahrâm (421-422) obligent celui-ci à reconnaître la liberté de culte aux chrétiens. Yazdgard II (438-457) bat à Avaraïz les Arméniens qui s'étaient révoltés plutôt que de se laisser convertir de force au mazdéisme (451). Sous son règne, les Huns Hephthalites commencent à menacer sérieusement les confins septentrionaux du pays. Pérôz (459-484) meurt en les combattant. À cette époque, les Juifs subissent une forte persécution, surtout à Ispahan, où ils sont nombreux. Les chrétiens nestoriens sont favorisés, car ils s'opposent aux monophysites d'Édesse, en territoire romain.

Kavadh

Kavadh (488-531) accorde son appui au programme d'un réformateur religieux, Mazdak, qui entend établir la communauté des biens et des femmes, et qui préconise l'abolition des privilèges. Sans doute voit-il dans cette doctrine nouvelle une arme qui lui permettrait de briser la puissance des nobles. Mais ce sont ces derniers qui l'emportent en l'emprisonnant (496) et en l'obligeant à fuir chez les Huns. Kavadh ne revient en Iran qu'avec l'aide de l'armée hunnique. Mais le mazdakisme progresse et devient de plus en plus violent. L'historien Tansar (contemporain de Khosrô Ier) a décrit les révoltes et les pillages des maisons nobles. Kavadh réunit un colloque religieux de chrétiens, de mazdéens et de mazdakites : ces derniers sont confondus, et leurs leaders sont massacrés par les soldats (528-529).

Khosrô Ier

Khosrô Ier (le Chosroês des Grecs) [531-579], surnommé Anôcharvân (« À l'âme immortelle »), balaie les traces du mazdakisme en restituant les biens et les femmes à leurs seigneurs et maîtres. Il établit une discipline rigoureuse dans son armée, avec laquelle il se lance contre l'empire de Justinien, pillant et saccageant Antioche (540), dont il déporte les habitants. Il anéantit le royaume des Huns Hephthalites, ce qui lui permet de porter la frontière à l'Oxus. Se méfiant des Turcs, il fait construire de nombreuses fortifications défensives. Enfin, il conquiert le Yémen (vers 570), qui est colonisé par ses soldats, dont les descendants gardent dans le pays le nom d'Abna (les « Fils »). La dernière année de son règne, il est battu par les Byzantins à Mélitène (Malatya).

Khosrô II

Khosrô II (590-628), dit Abharvêz Parviz (le « Victorieux »), est aidé à conquérir son trône contre un rival par l'empereur de Byzance Maurice, en échange d'une partie de l'Arménie. De son séjour en pays Byzantin, il ramène des habitudes peu conformes au mazdéisme et une favorite chrétienne, Chirin. Il profite de l'assassinat de Maurice en 602 pour attaquer l'Empire byzantin : raid jusqu'au Bosphore, prise de Damas et d'Antioche, pillage de Jérusalem (en 614 avec massacre de chrétiens et rafle de reliques), incursion en Égypte en 619 (Alexandrie, Le Caire, les confins de l'Éthiopie). L'empereur Héraclius Ier contre-attaque, reprend l'Asie Mineure et l'Arménie, investit Ganzak et Dastgard, récupère les aigles romaines enlevées comme trophées et menace Ctésiphon en 627. Khosrô est emprisonné et assassiné. Il avait amassé des trésors considérables et construit d'importants monuments. Après lui, les souverains se succèdent rapidement, tandis que l'anarchie règne à la Cour.

Yazdgard III

Yazdgard III (632-651), dernier roi sassanide, assiste à la conquête de ses États par les Arabes musulmans, vainqueurs à Qadisiyya (637), maîtres de Ctésiphon désertée, où ils raflent tous les trésors, victorieux encore à Nehavend (642) et à Rey (643). En fuite, il se réfugie à Merv, où il est assassiné. La Perse perd son autonomie et en même temps sa religion nationale, qui, peu à peu, s'évanouit presque complètement.

Société et civilisation sous les Sassanides

Le roi sassanide s'entourait d'un faste qui rehaussait sa majesté. On l'a décrit assis sur un trône somptueux, sous une couronne attachée au plafond tant elle était lourde d'or et de pierreries (91 kg), vêtu de tissus chamarrés d'or. Dans sa salle d'audience, il était séparé de ses visiteurs par un rideau dont un dignitaire avait la garde. Le solliciteur se prosternait, et l'assistance était rangée selon la préséance. Les divers palais dont les ruines subsistent donnent une idée de ce faste par leurs proportions impressionnantes. Ardachêr Ier construisit la ville de Firuzabad, dominée par son temple du feu et à côté de laquelle s'élevait le palais royal, de plan rectangulaire, aux murs épais (jusqu'à 4 m) et pourvu d'un vaste iwan, pièce voûtée ouverte vers l'extérieur et qui dérive de l'apadana des Achéménides. Cet iwan se trouvait dans les autres palais, dont le plus connu est celui de Ctésiphon, le Taq-e Kesra, œuvre de Khosrô Ier ou de Châhpuhr Ier : sa façade est en partie conservée. L'iwan était immense (50 m), ainsi que le palais, et les mosaïques devaient être abondantes. À Bichapur, Châhpuhr Ier construisit une ville, avec un temple du feu et un palais dont le décor est fortement inspiré par le style gréco-romain. Les mosaïques, en particulier, sont manifestement inspirées de celles de Syrie, si même elles ne sont pas l'œuvre de Syriens. Khosrô II bâtit, outre le palais de Dastgard, celui d'Imaret-e Khosrô (à Qasr-e Chirin), gigantesque (190 m × 250 m), construit sur une terrasse artificielle de 8 m de haut. D'autres palais majestueux furent encore édifiés à Eywan-e Karkhe, à Sarvestan, à Kish, à Damghan.

Le roi manifestait aussi sa gloire éternelle dans les bas-reliefs rupestres du Fars (à Firuzabad, à Naqsh-i Roustem et à Bichapur) et du Taq-e Bostan, près de Kermanchah. Ce sont des sculptures de grande dimension, taillées au flanc des falaises, qui représentent soit l'investiture royale, soit la victoire du roi sur ses ennemis, et en particulier la capture de l'empereur Valérien, soit enfin des chasses. La chasse était, avec le polo, un des divertissements des rois et de la Cour. La musique était l'un des plaisirs les plus recherchés. Les musiciens accompagnaient le roi à la chasse. Les instruments étaient variés : luth, harpe, cithare, mandoline, sans compter ceux de la musique militaire, trompette et tambour. Il n'est pas resté de notations, mais la musique en usage chez les califes de Bagdad devait dériver directement de celle des Sassanides.

Le roi disposait d'un conseil de gouvernement qui semble avoir eu pour rôle d'approuver sans discussion. Les titres honorifiques, les dignités ne manquaient pas à la Cour. Le pillage de Ctésiphon par les Arabes leur fit découvrir, entre autres richesses, une garde-robe incroyable, dont toutes les pièces étaient brodées d'or. Il faut dire que les soieries de luxe furent une spécialité sassanide. Le pays était un jalon sur la route de la soie : il fut initié aux secrets des soieries plus tôt que Rome, vers 350-400. Châhpuhr II n'en installa pas moins des tisserands d'origine syrienne dans les villes perses. La Perse devint une grande exportatrice de tissus, au point de provoquer une véritable guerre de la soie avec Rome à partir de la fin du ive s. Les tisserands affectionnaient les décors animaliers disposés dans des médaillons.

La société se divisait à la fois en quatre états – les mages, les guerriers, les bureaucrates, les cultivateurs et artisans – et en des castes qui séparaient les nobles des non-nobles. Les mages avaient une grande importance en raison du caractère officiel de la religion. Au sommet de la noblesse militaire se trouvaient des roitelets et des gouverneurs (marzbans). Les bureaucrates avaient aussi leurs hauts dignitaires, dont le grand vizir (vouzourg framadar), sorte de Premier ministre, sur lequel le roi se déchargeait volontiers du souci du gouvernement. La paysannerie était attachée à la terre et n'avait pas la condition relativement bonne des artisans et des commerçants des villes, qui s'adonnaient au négoce des textiles. En échange de la soie de Chine, l'Iran exportait tapis et fards. Le travail des métaux s'appliquait à l'or, à l'argent, au cuivre. Le commerce de transit, entre l'Orient romain et l'Orient plus lointain, était important. Les navires perses sillonnaient toutes les mers orientales.

L'innovation technique était favorisée par la pratique des déportations de prisonniers, qui, inspirées de la tradition assyrienne, se pratiquèrent surtout aux dépens des Romains, et principalement lors de la capture de l'armée de Valérien. Le roi installait les captifs dans des villes fondées pour la circonstance, qu'il leur faisait bâtir et dont il leur donnait les alentours à cultiver. Ce fut le cas à Gund-e Châhpuhr, où les ingénieurs militaires romains construisirent une digue sur le fleuve, tandis que la ville était tracée par eux sur le plan d'un camp romain. À Bichapur, les prisonniers travaillèrent à la construction du palais, du temple et y laissèrent leur marque. Il ne fait pas de doute que, hormis les captifs, toutes sortes de techniciens vinrent alors en Perse.

Des envahisseurs abkhazes, khazars et alains furent établis en Azerbaïdjan et même enrôlés dans l'armée. S'ils apportèrent leur expérience, les Romains prirent aussi connaissance des techniques architecturales locales, qui devaient faire brillamment école en Occident, chez les Romains, les Byzantins, et, dans une certaine mesure, trouver encore un écho dans l'architecture romane et gothique : il s'agit essentiellement de la voûte, souvent construite sans coffrage, selon une technique populaire, et adaptée aux grandes portées des iwans palatiaux.

Les armées des Sassanides furent favorisées par une technique militaire que Rome pouvait leur envier. Au iiie s., l'apparition de la cavalerie lourde, protégée d'une armure, faillit être fatale aux Romains. Les cavaliers étaient revêtus de cottes de mailles ou d'armures d'écailles articulées ; le cheval était lui-même protégé. L'armement offensif comprenait tout un arsenal : outre la lance, la rondache, l'arc, il y avait la masse d'armes et le lasso. Cette cavalerie était secondée par des troupes auxiliaires à cheval, et par une infanterie composée de paysans inorganisés, équipés de boucliers d'osier et de cuir, que l'empereur Julien comparait à des chèvres dégoûtantes de crasse. Rome dut s'adapter et adopter à son tour la cavalerie blindée. En revanche, les Sassanides durent apprendre des Romains la poliorcétique. Les archers enduisaient leurs flèches d'une espèce de napalm, l'huile médique, faite d'un mélange de pétrole et d'une macération d'herbes dans l'huile. Cette armée remarquable se décomposa lamentablement, du fait de l'indépendance des généraux, de l'anarchie, de l'incapacité de certains rois, et s'évanouit devant l'offensive arabe.

L'administration fut, ainsi que l'armée, un précieux instrument de la puissance sassanide. Elle veillait aux communications, à la poste, aux poids et mesures, aux domaines et aux finances. Elle commença à employer, à la place du parchemin, le papier, qui était teint de safran et parfumé à l'eau de rose. La fiscalité comportait un impôt personnel et un impôt foncier, perçus avec les exactions traditionnelles, « car nous autres dieux, écrivait Châhpuhr II, n'avons que les ennuis de la guerre, tandis qu'eux n'ont que repos et plaisirs ». Le paysan n'avait pas à toucher à sa récolte avant que l'Administration n'ait envoyé son agent. Si celui-ci était en retard, il laissait pourrir sa récolte. La justice infligeait des peines sévères : crucifixion, lapidation, aveuglement, décapitation, etc. L'ordalie était d'un emploi fréquent. Les mœurs choquaient les Byzantins qui se trouvaient en Perse : exposition des cadavres, mariages entre mère et fils ou entre frère et sœur ; la polygamie était d'ailleurs d'usage.

Les religions et leur évolution

Les affaires religieuses ont tenu une grande place. Le mazdéisme, qui, à l'époque parthe, s'était réfugié dans le Fars, était devenu religion d'État, ce qui donnait un grand pouvoir à ses ministres. Le clergé possédait de vastes domaines et s'occupait de l'entretien des temples et de l'enseignement. On distinguait les herbedhs, chefs du feu, les mobedhs, chefs des mages, les mages, les zot, qui priaient, et les raspi, qui entretenaient le feu. Le culte du feu était au centre des rites de la religion mazdéenne. On respectait la terre : aussi les cadavres étaient-ils exposés sur des tours pour ne pas la souiller. Ahura-Mazdâ, la divinité souveraine, était escorté de quelques génies et de la déesse Anâhita ; on adorait le Soleil et la Lune. Mithra lui-même n'eut qu'une place très limitée. Il en fut de même de Zurvan, dieu primitif et primordial qui devint le fait d'une secte particulière, dissidente, parmi d'autres. Le manichéisme, au contraire, fondé par Mani (vers 215-277), introduisit une morale dualiste. Protégé un moment par Châhpuhr Ier, Mani put répandre sa doctrine et, peintre de talent, utiliser ses tableaux religieux pour sa propagande. Puis il fut abandonné par les rois suivants et crucifié à Gund-e Châhpuhr. Le manichéisme, bien que persécuté et souvent méprisé, n'en avait pas moins amorcé une brillante carrière internationale. Mazdak, autre fondateur religieux, se référait d'ailleurs à Mani. Enfin bouddhisme et christianisme se répandirent en Perse à l'époque sassanide. Des monastères bouddhiques étaient établis dans l'actuel Afghanistan et en Bactriane. Un frère de Châhpuhr Ier honorait le bouddhisme, et Mani en subit l'influence. Les Juifs prospérèrent en Perse après la déportation de Nabuchodonosor. Ils subirent quelques persécutions, sans rapport avec celles qui s'abattirent sur les chrétiens. Ceux-ci se multiplièrent avec l'implantation des prisonniers romains. Quand le christianisme devint religion officielle dans l'Empire romain, les persécutions ne tardèrent pas à sévir en Perse ; par la suite, elles se modérèrent ou cessèrent, notamment grâce à des accords politiques entre les deux États. Les prêtres mazdéens firent du zèle. Des catacombes chrétiennes datables du iiie s. existent dans l'île de Kharg, près de Buchehr. Adversaires des monophysites d'au-delà de la frontière romaine, les nestoriens, favorisés par la royauté en raison même de leur opposition doctrinale, prospérèrent à partir du début du ve s. (écoles de théologie de Nisibe et de Séleucie, évangélisations lointaines). Mais, quel qu'ait été le prosélytisme des minorités religieuses, le véritable vecteur de la civilisation iranienne de l'époque sassanide a été l'islam, qui s'est profondément laissé pénétrer par les traditions littéraires et historiques, les méthodes administratives et l'art persan.