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Téléphone

Groupe français de rock formé en 1976 à Paris par Jean-Louis Aubert (chant, guitare), Louis Bertignac (guitare, chant), Corinne Marienneau (basse) et Richard Kolinka (batterie).

L'ascension de Téléphone commence le 12 novembre 1976. Ce jour-là, un groupe ayant pour tout nom un point d'exclamation se produit au Centre américain de Paris. Un rock and roll simple, des reprises des Stones, des Who, et, déjà, des titres en français. Son empreinte va être considérable sur le rock hexagonal. En mars 1977, après avoir écumé clubs et MJC, le quatuor, rebaptisé Téléphone, joue dans le métro (station République), puis autoproduit un 45 tours live qu'il vend à la sortie des concerts (Hygiaphone /Métro (c'est trop)).

Un nom au rock français. En 1977, alors que la vague punk britannique balaie tout sur son passage, le monde musical est en plein bouleversement. C'est dans ce contexte que Philippe Constantin (directeur artistique chez Pathé) mise sur le quatuor. Jean-Louis Aubert, chanteur et auteur des textes, et Richard Kolinka, batteur à la frappe percutante, fan de Keith Moon, champion de grimaces et autres facéties, ont déjà enregistré un 45 tours avec Semolina, leur précédent combo. Le guitariste Louis Bertignac, prodige de la six-cordes, amoureux de sa Gibson 59, s'est fait la main derrière Higelin (guitariste et compositeur sur Irradié, 1975), avant d'initier Corinne à la basse au sein de Shakin'Street. Réalisé avec le producteur Mike Thorne dans les studios britanniques d'Eden, leur premier album, Telephone (1977), délivre avec urgence et passion un rock tranchant, et des paroles en français qui vont devenir les hymnes de milliers d'adolescents : Hygiaphone, Métro (c'est trop), le Vaudou ou Flipper jouent sur les mots du quotidien et permettent au groupe de s'affirmer comme un phénomène unique et sans précédent. Le 16 décembre 1977, au Pavillon de Paris (Pantin), Téléphone se produit gratuitement devant plus de 6 000 personnes. À l'issue du concert, un jeune fan de vingt-trois ans est poignardé, deux rames de métro sont saccagées….

Seul au sommet. Crache ton venin (1979), avec des titres comme la Bombe humaine (№ 1 en France) ou Faits divers, fait place aux chansons directes et sans longueurs. Téléphone cultive sa nonchalance (non-look à la scène comme à la rue) et apparaît nu sur la pochette de ce second album revigorant produit par Martin Rushent (producteur des Stranglers). Le 8 septembre 1979, à la Fête de l'Humanité à la Courneuve, le groupe se produit devant plus de 100 000 personnes, avant de rallier l'Italie, l'Allemagne, New York (parfois en compagnie de Johnny Thunders), l'Angleterre (avec Iggy Pop)… Téléphone public (1980), film de Jean-Marie Périer, saisit quelques-uns de ces instants électriques. Au cœur de la nuit (1980), toujours sous la houlette de Rushent, démontre que le groupe est aussi à l'aise en studio que sur scène. Argent trop cher, qui caracole en tête des hit-parades, évoque la corruption à travers la réussite, la pression, le poids de la gloire que le groupe refuse, même s'il s'avère très vite que de toute la scène rock française (Trust, Starshooter, Lili Drop…), il est le seul à ne pas s'essouffler. Alors que les premières rumeurs de séparation circulent, Téléphone signe avec Virgin. Enregistré à Toronto et produit par Bob Ezrin (Berlin de Lou Reed), Dure Limite (1982) met au jour regrets et mélancolie. Ça (c'est vraiment toi) et Cendrillon se chargent des radios. Allant de tournée en tournée, le groupe, repu, prend du recul. Richard profite de son temps libre pour jouer avec Alice Cooper (1983).

Dures limites. Un autre monde (1984), produit par Glyn Johns (Who, Stones), ravive la flamme et semble apaiser les tensions. Téléphone saupoudre d'accordéon New York avec toi, mijote un Électric-cité plus franchement funk et offre Un autre monde, l'hymne utopiste clippé par Jean-Baptiste Mondino. En 1985, avec Le jour s'est levé, ballade pour laquelle Aubert troque sa guitare contre un piano, il semble évident que le cœur n'y est plus… Toujours aussi seul au sommet qu'à ses débuts, alors que le succès ne s'est jamais démenti, le groupe se casse en deux, chacun repartant comme il était venu : Aubert avec Kolinka (Aubert'n'Ko), Bertignac avec Corinne (les Visiteurs)… Le 26 mai 1994, à la fin de l'étape parisienne du Vas-y Guitare Tour (Bataclan), Corinne, Jean-Louis et Richard rejoignent Louis sur scène, alors qu'une partie du public a déjà quitté la salle. Unique reformation à ce jour. La complémentarité du tandem Aubert-Bertignac, des textes qui collent à leur époque, le dynamisme communicatif de Richard Kolinka, la présence d'une fille à la basse, la bouche très Mick Jagger de Jean-Louis Aubert ont pu — à différents niveaux — attirer l'attention du public sur le groupe, puis le phénomène, Téléphone. Première formation de l'Hexagone à atteindre ce degré de popularité, sur les traces d'Ange, de Triangle, de Martin Circus ou des Variations, Téléphone a su écrire les lettres de noblesse d'un rock français moribond.