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Groundhogs

Groupe anglais de blues-rock formé en 1963 par Tony McPhee (chant, guitare), Steve Rye (harmonica et voix), Peter Cruikshank (basse) et Ken Pustlenik (batterie).

Groundhogs a toujours été considéré – à raison – comme un groupe à part dans la famille très restreinte des formations majeures du british blues boom, à la fois très ancré dans une tradition blues et prêt à s'ouvrir à d'autres sonorités : des jams à rallonge pouvant s'apparenter à des combos US tels le Greateful Dead, des influences plus vastes allant du rhythm'n'blues à la soul music en passant par le psychédélique ou même le rock progressif, certaines formes d'expérimentation dans la construction de ses morceaux, etc. Son nom est un hommage non camouflé à une chanson de John Lee Hooker et ils furent même connus pendant quelque temps sous l'appellation John Lee's Groundhogs. Fait amusant, le groupe tourna d'ailleurs en Angleterre avec John Lee Hooker lui-même, non pas en première partie mais en backing band, et enregistra avec lui un album assez peu connu. Groundhogs, c'était surtout Tony McPhee, homme à tout faire (composition, chant et guitare), autodidacte, visionnaire et perfectionniste. Il savait où il voulait emmener son groupe et, l'espace d'une poignée d'albums, il y arriva.

Du blues décharné et compulsif. Après un premier album assez fade (Scratching The Surface, 1968) et un second plus vindicatif, mais qui tâtonne encore (Blues Obituary, 1969), c'est avec Thank Christ For The Bomb (1970), que le groupe se stabilise sous la forme d'un trio et publie ce qui restera son disque le plus populaire en Grande-Bretagne (longtemps classé dans le Top 10) et le plus connu outre-Manche. Le plus représentatif aussi de ce que pouvait donner ce blues décharné, compulsif et inventif. McPhee ne se contente pas d'appliquer une recette qu'il maîtrise toutefois à la perfection, il utilise toujours une solide base blues pour nous emmener vers d'autres rivages. Plus conceptuel et ambitieux que ses camarades de classe de l'époque, Groundhogs entre d'emblée dans la cour des géants. Le ton se durcit avec l'album Split (1971) qui emprunte riffs et intonations vocales (souvent proches d'un Jack Bruce) à la scène hard-rock émergente. Cet album est aussi sans doute le plus clairement orienté blues rock de la carrière du groupe, hormis les quatre parties de la chanson « Split », plus conceptuelle ; le plus abordable d'apparence, également, ce qui n'empêche pas Tony McPhee de conserver une qualité d'écriture et une intelligence innovatrice souvent comparables à Cream. Ce qui frappe le plus, rétrospectivement, c'est à quel point le power trio cogne fort et dur. La guitare claque avec souvent beaucoup d'emphase, la batterie est souvent à la limite de la rupture et la basse gronde plus qu'elle ne ronronne. L'album Who Will Save The World ? The Mighty Groundhogs (1972) clôt la belle série, en entrant d'emblée dans les charts UK, comme ses deux prédécesseurs. Les Groundhogs y distillent une musique autrement plus alambiquée, souvent à la limite du rock progressif alors en vogue, avec l'ajout d'instruments plus typiques (mellotron…) et des titres qui s'étirent (huit morceaux seulement). Au niveau des textes, le groupe paraît plus concerné par son époque et s'éloigne donc également des thématiques blues habituelles. Who Will Save The World ?… n'en demeure pas moins un album incontournable du British Blues Boom, avec ses chansons passionnées, ses riffs basiques (mais souvent rallongés, triturés, malaxés) et sa rythmique sans faille, oscillant entre jam session et mur du son.

Trois honnêtes albums vont encore suivre : Hogwash (1972) qui cherche un second souffle ; Solid (1974), qui le trouve en se frottant à un blues brut et ombrageux ; et Crosscut Saw (1976), moins sombre et même proche d'une certaine idée de la pop music ; suivis de Black Diamond (1976), un disque sans âme qui clôt provisoirement l'aventure Groundhogs. Tony McPhee tente différentes aventures musicales, sans succès, et décide finalement de reformer son groupe, en 1985. Quelques disques sans grand éclat sont publiés, période de laquelle on retient surtout Back Against The Wall (1987), ainsi que l'édition d'un BBC Radio One Live In Concert (1994), qui vient contrer l'avalanche de publications d'albums live aux son et contenu plus qu'approximatifs…