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les Raisins de la colère

The Grapes of Wrath

Drame de John Ford, avec Henry Fonda (Tom Joad), Jane Darwell (la mère), John Carradine (le pasteur Casey), Charles Grapewin (le grand-père), Russell Simpson (le père), John Qualen (Muley), Doris Bowdon (Rose de Saron), O. Z. Whitehead (Al), Darryl Hickman (Winfield), Ward Bond (le policier).

  • Scénario : Nunnally Johnson, d'après le roman de John Steinbeck
  • Photographie : Gregg Toland
  • Décor : Richard Day, Mark Lee Kirk, Thomas Little
  • Musique : Alfred Newman
  • Montage : Robert Simpson
  • Production : Darryl F. Zanuck (20th Century Fox)
  • Pays : États-Unis
  • Date de sortie : 1940
  • Durée : 2 h 09

Résumé

La crise économique et financière de 1929 a fait énormément de nouveaux pauvres aux États-Unis. Un à un, les petits fermiers du Middle West sont chassés de leurs métairies qui ne sont plus assez productives. Les propriétaires sont anonymes : ce sont des banques. Face à ces fantômes, les paysans sont contraints d'obtempérer. Ils forment des cohortes semi-bohémiennes le long des routes, cherchant du travail. Des tracts publicitaires leur donnent l'espoir d'en trouver en Californie, verger mythique qui accueille les réfugiés de la crise et leur offre des emplois bien rémunérés de cueilleurs de fruits. Comme beaucoup d'autres, la famille Joad prend la route. À bord d'un vieux camion, les enfants, parents et grands-parents traversent l'Amérique d'est en ouest et connaissent toutes sortes d'aventures avant d'atteindre leur but… Déception : la Californie n'est pas la terre d'accueil prévue, mais le lieu d'une autre exploitation. Le chômage fait chuter les salaires des saisonniers. La misère des errants est plus poignante encore, car l'espoir d'un ailleurs s'est évaporé. L'un des fils Joad, Tom, quitte sa famille pour s'engager, aux côtés d'autres réprouvés, dans la lutte sociale.

Commentaire

Contemporain et immémorial

Le fameux roman homonyme de John Steinbeck dont le film est l'adaptation était volumineux, lyrique et contestataire. L'auteur y dénonçait les pratiques capitalistes inhumaines et exaltait la dignité des pauvres gens. La rencontre avec John Ford était presque fatale. Pourtant, ce cinéaste américain par excellence avait la réputation d'être conservateur, pour ne pas dire rétrograde, et Steinbeck était alors « de gauche ». Terrain commun, nécessaire et suffisant : la générosité.

John Ford et Nunnally Johnson ont accompli un formidable et magnifique travail de condensation. Ils ont gardé l'esprit social et mythique du roman en ne conservant que quelques épisodes de son anecdote. Il en résulte une galerie de personnages inoubliables et très typés, un récit d'un rare pouvoir d'émotion (du mélodrame sublimé) et des images composées avec un art consommé de la plastique cinématographique. Comme souvent, Ford nous raconte l'« errance d'une communauté poussée par la nécessité » (de la Chevauchée fantastique aux Cheyennes, ce thème est récurrent). Il nous fait passer sans hiatus de la chronique sociale contemporaine aux thèmes immémoriaux de la tragédie. Le destin pèse sur la famille Joad, comme sur l'Amérique, comme sur l'humanité. C'est grandiose.