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les Enfants du paradis

Drame romantique en deux époques de Marcel Carné, avec Arletty (Garance), Jean-Louis Barrault (Baptiste Deburau), Pierre Brasseur (Frédérick Lemaître), Marcel Herrand (Lacenaire), Maria Casarès (Nathalie), Louis Salou (le comte Édouard de Montray), Pierre Renoir (Jericho), Jane Marken (Madame Hermine), Fabien Loris (Avril).

  • Scénario : Jacques Prévert
  • Photographie : Roger Hubert
  • Décor : André Barsacq, Raymond Gabutti, Alexandre Trauner
  • Musique : Maurice Thiriet, Joseph Kosma, Georges Mouqué
  • Montage : Henri Rust, Madeleine Bonin
  • Production : Raymond Borderie, Fred Orain (Pathé-Cinéma)
  • Pays : France
  • Date de sortie : 1945
  • Son : noir et blanc
  • Durée : 3 h 02

Résumé

LE BOULEVARD DU CRIME. Le boulevard du Temple à Paris, en 1830. Dans ce haut lieu du spectacle, se presse une foule venue applaudir le comédien Frédérick Lemaître et le mime Deburau, lequel n'a d'yeux que pour la belle Garance, également convoitée par le bandit Lacenaire.

L'HOMME BLANC. Marié à la douce Nathalie qui n'a pas réussi à lui faire oublier Garance, devenue la comtesse de Montray, Deburau rivalise avec Frédérick Lemaître. Par jalousie, Lacenaire assassine l'époux de Garance tandis que Nathalie se consume d'amour. Au cours d'un carnaval, Garance et Deburau s'avouent enfin leur passion réciproque.

Commentaire

Masques

À quelques mois de la Libération, les Enfants du paradis est l'un des plus gros succès populaires de l'histoire du cinéma français. Il est vrai qu'en filigrane des dialogues de Prévert, on peut lire une réflexion subtile sur la société de l'Occupation et deviner en réflexion les portraits de figures familières de l'époque. Les Enfants du paradis s'impose comme un défi lancé aux aléas de l'Histoire. En déjouant la censure, Carné fait aussi travailler « au noir » le décorateur Alexandre Trauner et le compositeur Joseph Kosma. Deux juifs au générique d'une fresque consacrée à l'esprit français dans ce qu'il a de plus authentique, même s'ils ne sont pas crédités officiellement, c'est un pied-de-nez formidable. Avec le recul, les images que l'on garde de ce film sont celles de visages, de regards. Même si l'on salue l'ampleur de la mise en scène et l'ambition du propos, ce dont on se souvient avant tout, c'est de la voix grave de Frédérick Lemaître, de la gouaille de Garance, de la triste douceur du regard de Nathalie, de la timidité de Baptiste Deburau ou de la virilité bafouée de Lacenaire. De cette grosse production en costumes, on retient surtout la force de ses caractères. Et comme la caméra de Carné tourbillonnant parmi les danseurs du carnaval, on s'attache à la substance des êtres. Les ingrédients, on les connaît : l'amour, la mort, les cœurs qui battent, les passions qui déchirent, les sentiments à vif. La recette, dès lors, réside dans la capacité du film à instaurer un fort pouvoir d'identification au spectateur. Or, qui n'a connu d'amoureux transi, de prétendant jaloux, de petite vertu au grand cœur ? « Qui se masque se démasque », disait justement Cocteau.