En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

l'Homme de marbre

Człowiek z marmuru

Drame psychologique d'Andrzej Wajda, avec Jerzy Radziwilowicz (Mateusz Birkut), Krystyna Janda (Agnieszka), Tadeusz Łomnicki (Burski jeune), Michał Tarkowski (Witek), Piotr Cieślak (Michałak), Krystyna Zachwatowicz (Hanka Tomczyk).

  • Scénario : Aleksander Scibor-Rylski
  • Photographie : Edward Kłosiński
  • Décor : Allan Starski
  • Musique : Andrzej Kórczyński
  • Montage : Halina Pugarowa
  • Production : Zespoły Filmowe
  • Pays : Pologne
  • Date de sortie : 1976
  • Son : Couleurs et NB
  • Durée : 1 h 46

Résumé

Une jeune fille très déterminée (Agnieszka) décide de consacrer son film de fin d'études à un personnage à la fois mythique et oublié du nom de Birkut. Dans les années 1950, Birkut fut, dans le contexte de l'industrialisation forcenée du pays, une sorte de Stakhanov polonais, statufié et cité en exemple. Puis il disparut. Surmontant tous les obstacles, Agnieszka reconstitue, à travers les témoignages de ceux qui l'ont connu, la personnalité et l'histoire véritable de Birkut. Un homme bon et courageux avec un regard d'ange, mais aussi un homme candide et aisément manipulable. Birkut est surtout une victime et quasiment tout le monde l'a trahi. Du jeune cinéaste ambitieux (Burski) qui eut l'idée de le filmer en train de poser trente mille briques dans une seule journée à Hanka, sa femme, qui le quitta et le calomnia sur ordre du Parti en passant par Michalak, le policier qui le suivait comme son ombre, ou même Witek, pourtant son meilleur ami, tous, aujourd'hui, survivent cyniquement à ces souvenirs dont le puzzle se complète sous nos yeux.

Un jour, quelqu'un a saboté le personnage de Birkut en lui glissant dans les mains une brique chauffée à blanc. À partir de là, Birkut ne peut plus travailler et, de postes honorifiques en petits boulots, rentre peu à peu dans l'anonymat. Agnieszka finit par rencontrer le fils de Birkut qui lui apprend la mort de son père. Son enquête terminée, elle tient, en la personne du fils de l'Homme de marbre, comme une preuve vivante de ce passé qui est celui de la Pologne stalinienne. (Dans l'Homme de fer, Wajda suivra ces deux personnages dans les événements récents.)

Commentaire

Un magistral puzzle sociologique

L'Homme de marbre est un film exceptionnel. Celui où un cinéaste d'un pays socialiste a trouvé à la fois le courage qu'il fallait pour faire revenir un passé refoulé, l'intelligence pour qu'il revienne sous une forme complexe et la forme de récit éclaté qui correspond à cette complexité. Quelques années avant les événements de Gdansk, Wajda, cinéaste célèbre mais parfois académique, mène son propos de main de maître, racontant l'histoire d'un ouvrier modèle de la propagande socialiste avec la grandeur de Welles retraçant celle d'un Kane. Le principe du puzzle, qui montre les personnages « avant » et « après », permet de dresser un tableau vivant de la société polonaise. Grâce au talent et à la violence ingénue des acteurs qui interprètent Birkut et Agnieszka, ces deux personnages sont uniques dans le cinéma contemporain.