l'Épouvantail

Scarecrow

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des films ».

Drame de Jerry Schatzberg, avec Gene Hackman (Max), Al Pacino (Lion), Dorothy Tristan (Coley), Ann Wedgeworth (Frenchy), Richard Lynch, Eileen Brennan.

  • Scénario : Garry Michael White
  • Photographie : Vilmos Zsigmond
  • Décor : Al Brenner
  • Musique : Fred Myrow
  • Montage : Evan Lottman
  • Pays : États-Unis
  • Date de sortie : 1973
  • Son : couleurs
  • Durée : 1 h 52
  • Prix : Palme d'or, Cannes 1973

Résumé

Max sort de prison, après six ans de captivité. Lion rentre d'un long périple en mer. Semi-clochards, ils se rencontrent sur la route et entament ensemble un voyage à la recherche de leurs origines et d'une seconde chance. Max veut fonder une entreprise de lavage de voitures à Pittsburg, avec l'argent qu'il a économisé. Lion veut retrouver la jeune fille qu'il a abandonnée enceinte.

Commentaire

L'Épouvantail est une fable, un voyage dans l'Amérique de la marginalité, où l'acuité documentaire le dispute à l'émotion des situations, à la grâce d'une mise en scène aussi percutante à magnifier les temps forts qu'attentive à l'instant fugitif où s'expriment l'accord ou le désaccord des héros et du monde. On a dit à juste titre que Max et Lion étaient les antithèses exactes des personnages de l'Arrangement de Kazan ou des Gens de la pluie de Coppola. Contrairement à ceux-là, en effet, ce ne sont pas des citoyens mal à l'aise dans la société et le rêve américains et qui chercheraient à les fuir. Exclus, ils veulent bien plutôt s'y intégrer. Mais tout dans leur comportement – violence inopérante de Max, qui n'est que l'envers de sa générosité, histrionisme de Lion qui s'exclut en se donnant en spectacle – les maintient en marge, désintégrés face à un ordre social qui ne peut, ni ne veut, les réintégrer. Une œuvre dont le pessimisme du propos est inversement proportionnel à la chaleur humaine et à la perfection esthétique.