Une petite ville industrielle de Pennsylvanie, en 1968. Michael, Nick et Steven trois amis, ouvriers métallurgistes d'origine lituanienne partent ensemble pour le Viêt Nam. Faits prisonniers, ils s'évadent grâce au sang-froid de Michael, mais sont séparés. Steven, grièvement blessé, devra être amputé des deux jambes ; Nick échoue dans un tripot de Saigon où il se livre à des parties de roulette russe. Michael, tombé amoureux de sa compagne Linda, part à sa recherche, mais ne pourra lui éviter la mort. Il rapatrie le corps de Nick aux États-Unis. Après les funérailles, la petite communauté tente de se donner du courage en entonnant « God Bless America ».
Sa construction ample et harmonieuse, son épaisseur romanesque, son lyrisme et sa puissance émotionnelle font de Voyage au bout de l'enfer un des films les plus marquants des années 1970. L'Amérique et l'Asie, la nature et le monde industriel, la chasse et la guerre, l'individualisme et la solidarité, le deuil et l'espoir sont ici indissolublement liés, par la vertu d'une mise en scène d'une rigueur toute classique. Voyage au bout de l'enfer est le premier film à inscrire le drame vietnamien dans la réalité quotidienne de l'Amérique, l'un des rares à éviter les pièges de la dénonciation politique et de l'autojustification. Le testament d'une génération flouée…