En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Un tramway nommé désir

A Streetcar Named Desire

Drame d'Elia Kazan, avec Vivien Leigh (Blanche Du Bois), Marlon Brando (Stanley Kowalski), Kim Hunter (Stella Kowalski), Karl Malden (Mitch).

  • Scénario : Oscar Saul, Tennessee Williams, d'après la pièce de ce dernier
  • Photographie : Harry Stradling
  • Décor : Richard Day
  • Musique : Alex North
  • Montage : David Weisbart
  • Production : E. Kazan (Warner Bros)
  • Pays : États-Unis
  • Date de sortie : 1951
  • Son : noir et blanc
  • Durée : 2 h 02
  • Prix : Oscars 1951 de la meilleure actrice (Vivien Leigh) et des meilleurs seconds rôles (Kim Hunter et Karl Malden)

Résumé

Blanche Du Bois arrive au quartier français de La Nouvelle-Orléans pour revoir sa sœur Stella. Elle est déçue : l'appartement est misérable, l'entourage douteux. Délicate, méprisante, mythomane, la jeune femme semble habitée par des rêves étranges et non aboutis. Elle parle toujours de la propriété de famille, « Belle Rêve », qui a dû être vendue pour payer des dettes, elle évoque ce passé avec complaisance et dénigre le présent dans lequel sa sœur se débat et s'enlise. Stella est mariée à un ouvrier d'origine polonaise, fruste et brutal, Stanley, et elle est enceinte. Ce beau-frère qui ignore les belles manières lui déplaît et c'est réciproque. Blanche est trop coquette, trop cultivée pour lui. Il la soupçonne d'avoir des secrets peu avouables. Il finit par découvrir que son passé n'est pas aussi glorieux qu'elle le prétend. Elle a été institutrice, oui, mais à été contrainte de quitter son poste à la suite d'un scandale. Blanche se sent percée à jour. Sa tête étant fragile, elle glisse peu à peu de la mythomanie à la folie. Quand Stella revient de la clinique où elle a accouché, c'est pour assister au départ de sa sœur que Stanley est parvenu à faire interner dans un asile psychiatrique.

Commentaire

Un charme vénéneux

Adapté d'une pièce à succès de Tennessee Williams, le film a révélé un comédien qui allait faire une carrière de star, Marlon Brando, lequel avait déjà triomphé dans le même rôle au théâtre, dans une mise en scène du même Elia Kazan. Ce qu'il faut admirer avant tout, c'est la qualité de l'adaptation cinématographique. Malgré la présence d'un dialogue très écrit, très littéraire, le cinéaste est parvenu à faire chanter les images : une chanson triste, certes, réaliste si l'on veut, mais « réaliste poétique » pour utiliser une expression consacrée. Les clairs-obscurs sont esthétiques, mais aussi expressifs, voire pathétiques. Ils sculptent l'image, lui ôtent toute théâtralité, malgré le décor presque unique de la maison de Stella (un appartement dans un ancien hôtel délabré). Les détails vestimentaires comptent aussi beaucoup : les toilettes extravagantes de Blanche, d'une coquetterie maladive, s'opposent au négligé des amis de Stella. Le tricot de corps troué de Marlon Brando est devenu une sorte de symbole sexuel, une image de virilité. D'une façon générale, c'est une atmosphère de trouble sensualité qui se dégage du film. Liée à des problèmes psychologiques complexes et à des affrontements cruels, cette ambiance engendre un malaise certain. Le spectateur finit par être séduit par une sorte de charme frelaté, vénéneux, auquel contribue l'interprétation étonnante de Vivien Liegh en jeune vieille femme saisie par le délire, et celle de Marlon Brando, exceptionnelle.