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Titanic

Titanic

Film à grand spectacle de James Cameron, avec Leonardo DiCaprio (Jack Dawson), Kate Winslet (Rose DeWitt Bukater), Billy Zane (Cal Hockley).

  • Scénario : J. Cameron
  • Photographie : Russell Carpenter
  • Décor : Peter Lamont
  • Costumes : Deborah L. Scott
  • Musique : James Horner
  • Montage : Conrad Buff, James Cameron et Richard A. Harris
  • Pays : États-Unis
  • Date de sortie : 1997
  • Durée : 3 h 20
  • Prix : Oscars du meilleur film, du meilleur metteur en scène, de la meilleure direction artistique, de la meilleure prise de vues, de la meilleure musique, de la meilleure chanson originale, du meilleur montage, du meilleur son, des meilleurs effets spéciaux, des meilleurs effets spéciaux sonores, des meilleurs costumes

Résumé

L'histoire du Titanic est bien connue : dans la nuit du 15 avril le paquebot britannique heurtait, lors de sa croisière inaugurale, un iceberg au large de Terre-Neuve et coulait, entraînant la mort de 1 500 passagers. C'était alors le plus grand transatlantique du monde et son naufrage marqua un peu la fin d'une époque où l'Europe dominait la planète et où ses navires sillonnaient orgueilleusement toutes les mers. En 1986 l'épave fut localisée, par 4 000 mètres de fond et des expéditions sous-marines ultérieures permirent de retrouver d'innombrables objets et de reconstituer plus précisément les circonstances du drame. Le film respecte scrupuleusement la trame historique mais Cameron y a ajouté une histoire d'amour parfaitement imaginaire. Celle de Jack, artiste fauché, et de Rose, jeune fille bien née mais pauvre, condamnée par sa famille à se marier avec un riche industriel parfaitement antipathique.

Commentaire

Du convenu et de l'inattendu

Tout au long de ses trois heures vingt Titanic évite habilement plusieurs écueils. Film le plus cher jamais réalisé, il aurait pu sombrer dans la débauche technologique et l'overdose d'effets spéciaux. Il n'en est rien car si l'argent se voit à l'écran il est au service du réalisme et sert à reconstituer dans leurs moindres détails les décors du bateau disparu, des soutes aux salons d'apparat. Alors que les effets spéciaux servent souvent, ailleurs, à s'affranchir des lois ordinaires de la physique, ils sont ici utilisés exclusivement de façon à montrer avec une minutieuse exactitude comment le bois se fend, comment le métal éclate. Et puis il y a le talent du metteur en scène qui, loin de se laisser griser par la technologie, « habite » constamment son film, caressant les bielles, frémissant avec les poutrelles tordues, donnant comme une ultime apparence de vie à l'immense carcasse métallique qui se cabre avant de se briser et d'être engloutie par les flots.

Titanic aurait pu aussi souffrir de conter une histoire dont la fin est connue et peiner à créer un suspense crédible. En ajoutant un subplot sentimental et en inscrivant habilement une série de destins individuels dans la tragédie collective du navire en perdition, le metteur en scène nous fait espérer que les personnages que nous avons pris en sympathie figureront parmi les rescapés. Jusqu'à la fin on espère en effet qu'un îlot de « happy end » finira par émerger au milieu des cadavres anonymes flottant dans les eaux glacées de l'Atlantique-nord. Ce n'est pas tout à fait ce qui arrive mais le spectateur y trouve son compte car les fins les plus attendues et les plus souhaitées sont rarement les plus satisfaisantes.

Maître dans l'art de nous faire pressentir un développement pour mieux déjouer notre attente, James Cameron ne cesse de nous proposer des grilles convenues pour mieux nous faire voir quelque chose d'inattendu. Ainsi du manichéisme qui, au début, semble être la marque du film : les passagers pauvres sont aussi chaleureux, gais, généreux que les riches sont égoïstes, cyniques et méprisants. C'est sommaire et classique mais efficace : au moins on n'a pas de problèmes de repérage et on sait où sont les bons et où sont les mauvais. Puis au fur et à mesure que l'on avance le tableau se nuance et, au seuil de la mort, les êtres se révèlent dans la nudité de leur âme : la morgue aristocratique peut devenir dignité stoïque, la discipline sacrifice… et la lâcheté rester la lâcheté.