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Taxi Driver

Taxi Driver

Drame de Martin Scorsese, avec Robert De Niro (Travis), Cybill Shepherd (Betsy), Jodie Foster (Iris), Albert Brooks (Tom), Peter Boyle (Wizard), Harvey Keitel (Sport).

  • Scénario : Paul Schrader
  • Photographie : Michael Chapman
  • Décor : Charles Rosen
  • Musique : Bernard Hermann
  • Montage : Tom Ralf, Melvin Shapiro, Marcia Lucas
  • Production : Michael et Julia Philips (Columbia et Italo-Judeo)
  • Pays : États-Unis
  • Date de sortie : 1976
  • Son : couleurs
  • Durée : 1 h 53
  • Prix : Palme d'or, Cannes 1976

Résumé

Ancien « marine » revenu du Viêt Nam, Travis se fait embaucher comme chauffeur de taxi à New York. De sa voiture, il guette les clients, épie leurs visages, roule au gré de son humeur dépressive dans les rues de la ville, comme un étranger. Travaillant le plus souvent de nuit dans les quartiers les plus mal famés, il poursuit son voyage intérieur, existentiel, tandis qu'une voix off en livre le message au spectateur.

Commentaire

L'enfer de l'aliénation urbaine

Le personnage qu'interprète Robert De Niro dans Taxi Driver est à mi-chemin du personnage de Camus dans l'Étranger et de celui de Sartre dans la Nausée. Ces deux influences sont d'ailleurs tout à fait assumées par Paul Schraeder, le scénariste du film, dont c'était la première collaboration (et peut-être la plus aboutie) avec Martin Scorsese. Celui-ci devient célèbre sur le plan international avec ce film – obtenant la Palme d'or à Cannes – qui précède New York, New York.

Travis est un personnage quasi muet, aphasique, à l'opposé de celui qu'interprétait Robert De Niro dans Mean Streets. Là, c'est à peine s'il articule quelques mots quand les autres chauffeurs de la compagnie de taxis tentent de dialoguer avec lui. Travis revient du cauchemar (le Viêt Nam) et se voit livré aux puissances de la nuit : prostitution, sexe, films porno… La violence rentrée, aveugle, ne demande qu'à s'exprimer, à sortir des entrailles. Et la fin du film est une véritable boucherie.

Le thème de l'homme lâché dans la ville – fauve (Travis) ou proie (le Paul Hackett d'After Hours, que Scorsese réalise en 1986) – « seul et abandonné de Dieu » est au centre du film et revient immanquablement dans tout le cinéma de Scorsese. Le monde est vu comme un enfer et l'homme doit errer à la recherche de son salut, pour sortir du cauchemar ou en exprimer toute l'horreur, afin de retrouver le chemin vers Dieu.

Taxi Driver est impressionnant par son rythme ambigu : à la fois lent, contemplatif (nous « voyons » la ville, les autres, à travers le pare-brise de la voiture jaune de Travis) et instinctif, toujours lourd d'un « acting-out », d'une décharge de haine et de violence. Le sens du détail, la précision des gestes, la tension du jeu et l'interprétation remarquable de De Niro font de Taxi Driver un des films les plus réussis de Scorsese.